Visite du président Morales à la FAO: les pays du G-77 appellent à plus de détermination dans la lutte contre la malnutrition

Source: FAO

30 octobre 2014, Rome – Au cours d’une visite aujourd’hui à la FAO, le Président Evo Morales Ayma, président en exercice du Groupe des 77 et chef de l’Etat plurinational de Bolivie, préconise une lecture large des devoirs de l’Etat afin de garantir à tous les citoyens nourriture, terre et accès à l’eau.

« La sécurité alimentaire et la nutrition sont indispensables », dit-il. « Nous soutenons l’idée selon laquelle chaque personne doit avoir accès à une alimentation saine et ne pas souffrir de la faim. »

Le Président bolivien décrit ensuite les récentes mesures prises dans son pays pour assurer le contrôle par l’Etat des fournitures de denrées de première nécessité et certains services publics comme l’eau. Il évoque aussi tour à tour l’opposition de la Bolivie aux cultures génétiquement modifiées, l’utilisation des crédits subventionnés et des dons au profit des petits agriculteurs et le programme d’achat des excédents agricoles lorsque les récoltes sont abondantes. « Nous travaillons pour la souveraineté alimentaire », souligne M. Evo Morales.

Le Président bolivien a tenu ces propos au cours du troisième « Dialogue sur la nutrition » organisé par la FAO pour recueillir les points de vue et les avis des pays du G-77 en prévision de la Deuxième Conférence internationale sur la nutrition (CIN2)qui se tiendra du 19 au 21 novembre prochain à Rome. Des séances analogues de dialogue avaient rassemblé des responsables des Etats-Unis d’Amérique puis ceux des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

« La nutrition est un enjeu public », affirme de son côté M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO. « Cela signifie tout simplement que les gouvernements sont responsables de la conduite des efforts devant garantir à tous les citoyens une nutrition adéquate. »

Et M. Graziano da Silva de mentionner « les trajectoires opposées », à savoir qu’il y a moins de personnes qui souffrent de la faim alors que le nombre d’obèses ne cesse d’augmenter dans le monde.

La Deuxième Conférence internationale sur la nutrition doit déboucher sur des accords volontaires, mais « il est très important que les pays élaborent des plans de nutrition dotés de ressources, d’objectifs et d’indicateurs », souligne le Directeur général de la FAO.

Echange d’expériences

D’autres intervenants à ce troisième dialogue sur la nutrition notent le rôle des petits agriculteurs qui malgré leurs moyens matériels limités font progresser la nutrition et la sécurité alimentaire. Aussi soulignent-ils l’importance des politiques et programmes susceptibles d’optimiser les contributions de ces petits paysans.

Au Soudan, les petits agriculteurs et les éleveurs jouent un rôle important dans la conservation de la biodiversité alors que les familles d’agriculteurs, qui sont trop pauvres pour acheter des engrais, doivent compter forcément sur « leurs connaissances et leurs traditions culturales », ce qui en fait est de nature à renforcer la résilience, affirme l’Ambassadrice du Soudan Amira Daoud Hassan Gornass, s’exprimant au nom des membres du G-77 de la Région Proche-Orient.

Mme Carla Elisa Mucavi, Représentante permanente du Mozambique auprès de la FAO, note que les petits lopins familiaux, souvent exploités par des femmes, fournissent le gros des denrées disponibles dans son pays. Les gouvernements africains s’étant engagés à allouer 10 pour cent de leurs budgets respectifs au développement agricole, ils devraient orienter ces ressources afin que les petites exploitations agricoles puissent accéder plus facilement aux marchés et aux crédits, souligne-t-elle.

« Les changements qui tablent sur les petites exploitations agricoles ont tendance à être plus efficaces que les changements importés en gros d’ailleurs », affirme Mme Mucavi.

« Désormais, les images d’enfants affamés sur nos écrans de télévision devraient appartenir au passé », s’exclame Mme Tehmina Janjua, Ambassadrice du Pakistan, s’exprimant au nom des membres de la Région Asie-Pacifique au sein du G-77.

Les niveaux de malnutrition sont constamment élevés en Asie du Sud, d’où l’urgence de la Deuxième Conférence internationale sur la nutrition, note Mme Janjua qui fait observer, d’autre part, que la Région Asie-Pacifique est particulièrement sensible au changement climatique qui affectera inévitablement, selon elle, la production agricole et la sécurité alimentaire tout en entravant les objectifs de développement durable dans beaucoup de pays.

Ce troisième dialogue sur la nutrition a permis d’échanger des vues sur un grand nombre de questions, notamment le rôle des petites exploitations agricoles, l’importance de la biodiversité génétique durable et même la perspective de programmes de sécurité des revenus. Toutes ces questions seront au centre des discussions lors de la tenue de la Deuxième Conférence internationale sur la nutrition, indique M. Dominique Awono Essama, Ambassadeur du Cameroun et Président du Chapitre de Rome du Groupe des 77.

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