Troisième sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes: décisions et interventions

Troisième sommet de la Communauté des États
d’Amérique latine et des Caraïbes

Décisions et interventions

Le troisième sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) a eu lieu dans la capitale du Costa Rica dans un environnement qui favorisait l’unité et l’intégration régionale, rapporte l’agence de nouvelles Prensa Latina.

La CELAC rassemble 33 nations d’Amérique latine et des Caraïbes, tous les pays des Amériques à l’exception des États-Unis et du Canada, et représente environ 600 millions de personnes. Elle fut créée en 2010 lors du sommet du Groupe de Rio à Cancún, au Mexique, et officiellement inaugurée avec la signature de la Déclaration de Caracas le 3 décembre 2011 au Venezuela.

La réunion a été déclarée ouverte en présence de 21 chefs d’État et de gouvernement et d’autres représentants des pays membres de la CELAC.

Pendant plus de 10 heures, vingt dirigeants ont présenté la position de leurs gouvernements sur les questions cruciales qui affectent la région, incluant le besoin de faire face ensemble aux nouveaux défis, écrit Prensa Latina.

Le président du Costa Rica, Luis Guillermo Solis a dit que la diversité dans la réflexion et l’unité dans l’action doivent être la plus grande force et le point d’appui qui guident la Communauté.

Les progrès qui ont été faits en direction de cet objectif ont été soulignés par le président de Cuba, Raúl Castro, qui a dit que « Notre Amérique est entrée dans une nouvelle ère et a progressé depuis la création de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes ».

Pour développer l’unité dans la diversité, l’action cohérente et le respect des différences resteront notre objectif premier et une nécessité incontournable parce que les problèmes du monde sont devenus plus complexes », a-t-il dit.

Les chefs d’État et de gouvernement ont tous demandé que cesse le blocus vieux de plus d’un demi-siècle des États-Unis contre Cuba.

Les dirigeants ont aussi salué la décision des présidents de Cuba, Raul Castro, et des États-Unis, Barack Obama, de restaurer les relations diplomatiques entre les deux pays, rompues par les États-Unis en 1961.

L’appui au processus de paix en Colombie, la décision d’aller de l’avant dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales sont des points communs qui ont été soulevés.

Le sommet s’est conclu par l’adoption d’une déclaration politique, de déclarations à propos de divers sujets et d’un plan d’action pour 2015.

À la réunion de la CELAC

Il a appelé ses collègues à poursuivre les efforts pour renforcer l’intégration régionale. « J’en appelle à la volonté politique [nécessaire], au respect et à la diversité nécessaire qui permettent de continuer dans la voie de la construction d’une nouvelle Amérique latine et de nouvelles Caraïbes. Du Venezuela, nous continuerons d’apporter notre modeste contribution avec volonté, amour et patience », a dit Maduro.

Il a aussi endossé l’intervention du Nicaragua en faveur de l’indépendance de Puerto Rico et réitéré son appel à la levée du blocus contre Cuba.

Le président Maduro a dénoncé la visite des anciens présidents du Chili, de la Colombie et du Mexique au Venezuela pour y participer à un forum organisé par l’opposition de droite. « Cela n’est pas tolérable dans la vie politique actuelle de l’Amérique latine et des Caraïbes », a dit Maduro. Il a demandé si tout autre chef d’État de la région tolérerait une opposition cherchant à le chasser du pouvoir par des coups et autres moyens antidémocratiques.

Le discours de Maduro fut suivi par celui du président bolivien Evo Morales, qui a aussi centré ses commentaires sur le progrès réalisé par la région face à l’impérialisme nord-américain.

« Cette intégration a eu lieu près de 200 années après la fondation de la république, 200 années sous divers empires », a dit le président Morales, ajoutant qu’il espérait « une libération définitive pour nos peuples. »

« Le capitalisme et le néolibéralisme infligent des dommages à l’humanité et à la nature. Ils ont échoué en tant que modèle, un modèle qui ne bénéficie pas au peuple », a dit Morales dans un discours qui a souligné le besoin de construire un nouveau modèle économique mondial.

Il a ajouté que l’État doit jouer un rôle important dans l’économie en termes de réglementation et de propriété de la production domestique.

Morales a dit que le succès économique de la Bolivie est dû largement à la décision de son gouvernement d’accroître de beaucoup son contrôle sur les ressources naturelles du pays. Cela a mené à des revenus gouvernementaux accrus qui ont permis au pays d’éliminer sa dépendance envers les instituions financières internationales et les agences étrangères d’aide au développement.

Morales a fait valoir l’importance d’être indépendant des institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale, ajoutant que le FMI ne possède plus de bureaux à la Banque centrale de Bolivie.

« Pour avoir la liberté économique, vous devez avoir la liberté politique », a-t-il dit.

Dans le cadre des efforts pour atteindre la souveraineté politique, Morales a souligné l’importance de réduire la dépendance de la Bolivie envers les États-Unis et dit qu’auparavant le pays avait permis aux États-Unis d’exercer un contrôle « géo-politique » par la soi-disant guerre contre la drogue.

« Aujourd’hui nous leur montrons comment lutter contre le narcotrafic en s’appuyant sur le peuple », a-t-il dit.

Suite à la décision du président Morales d’expulser l’ambassadeur des États-Unis Phillip Goldberg en 2008 pour « conspiration contre la démocratie et tentative de diviser le peuple » et d’expulser aussi la Drug Enforcement Agency (DEA) et l’USAID en 2013, pour les mêmes motifs, l’aide américaine à la Bolivie a chuté de 99,7 millions $ US en 2008 à 5,2 millions $ en 2013, et à zéro pour l’exercice 2014.

Dans un autre développement lors du sommet, le président du Parti indépendantiste portoricain a appelé la CELAC à aider Puerto Rico, un territoire étasunien, à regagner sa souveraineté. Puerto Rico a été cédé aux États-Unis en 1898 suite à la Guerre hispano-américaine. Le peuple de Puerto Rico a combattu sans relâche pour son indépendance d’abord face à l’Espagne puis aux États-Unis.

« La persistance du colonialisme dans ma patrie Puerto Rico constitue un affront à la dignité de Notre Amérique », a dit Ruben Berrios Martinez. « Le colonialisme est une violation des droits humains les plus fondamentaux. Le droit inaliénable à la libre détermination et à l’indépendance est une règle de droit international absolue. »

Berrios Martinez a demandé à la CELAC d’élaborer un plan pour que l’Assemblée générale de l’ONU prenne position sur le cas de Puerto Rico et demande que le gouvernement américain libère Oscar Lopez Rivera, « le plus ancien prisonnier politique au monde, en prison depuis près de 34 ans ». López Rivera a eu 70 ans récemment. Il a été condamné en 1981 pour conspiration séditieuse en raison de sa participation au mouvement pour l’indépendance porto- ricaine et condamné à 55 années de prison.

Dans sa pétition à la CELAC, Berrios Martinez a souligné la nouvelle relation entre Washington et Cuba et dit que cela signifie qu’« il serait inconcevable de maintenir le statut colonial de Puerto Rico. »

L’Équateur a assumé la présidence pro-tempore de la CELAC au sommet, prenant le relais du Costa Rica. Le président équatorien Rafael Correa a énoncé les mesures radicales que prendra la CELAC en 2015.

« Nous devons avancer et nous développer beaucoup plus rapidement », a-t-il dit avant de détailler cinq secteurs de travail.

Premièrement, Correa a réitéré son engagement à éradiquer la pauvreté et l’inégalité. Deuxièmement, la CELAC visera l’éducation, « le pas le plus important vers le développement. » Il a noté qu’à présent, l’Amérique latine n’a aucune des meilleures universités du monde, mais vise à en avoir 12 dans l’avenir.

La science, la technologie et l’innovation sont la troisième priorité, suivies par l’environnement. « Nous devons élever nos voix contre la catastrophe du changement climatique », a dit Correa aux délégués de la CELAC. Cinquièmement, la CELAC, doit fournir le financement pour l’infrastructure, pour laquelle l’investissement s’est accru de 6,2 % l’année dernière.

Correa a critiqué les fonds d’investissements vautours, comme ceux qui ont menacé l’économie et la souveraineté de l’Argentine. Il a suggéré qu’à l’avenir, les pays du BRICS — Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud — pourraient fournir des avenues de financement alternatives, et ajouté que la CELAC pourrait et devrait fournir l’impulsion à un nouvel ordre financier.

Le président équatorien a confirmé que la CELAC « rejette l’agression et la guerre économique contre le Venezuela » et a offert son appui à la Colombie « dans sa quête pour la paix. »

(Sources : Prensa Latina, TeleSUR. Photos : Venezuelan Presidency, AVN)

source:http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2015/Q45005.HTM#12

Publicités