LES PAYS DE Petrocaribe REAFFIRMENT LEUR UNITE FACE AUX TENTATIVES DE DIVISION DES Etats-Unis

par Leonardo Buitrago Caracas, 16 avril AVN.- Pendant le VII° Sommet des Amériques, les pays membres de Petrocaribe ont réaffirmé leurs liens de coopération et d’alliance en matière énergétique face aux prétentions de division du Gouvernement des Etats-Unis.

Ce bloc régional créé en 2005 par les commandants de la Révolution Bolivarienne et Cubaine, Hugo Chávez et Fidel Castro, respectivement, est composé de 19 Etats qui ont fomenté de nouvelles formes d’échange commercial et économique pour créer des mécanismes de compensation dans la complémentarité et le respect mutuel.

Depuis ses débuts, Petrocaribe a été attaqué par l’extrême droite vénézuélienne et nord-américaine parce qu’il dispose soi-disant de façon inappropriée des barils de la production pétrolière bien que dans la période pendant laquelle les transnationales ont opéré dans le pays, plus de 50 000 millions de barils aient été prélevés pour soutenir l’économie et le développement industriel militaire nord-américain.

Dans une nouvelle tentative pour essayer d’affaiblir les relations d’union et de coopération renforcés entre les Caraïbes et l’Amérique Latine, le vice-président états-unien, Joe Biden, a rencontré en mars dernier, des représentants des îles des Caraïbes lors de laquelle il a fait allusion à de soi-disant crises de Petrocaribe et à un effondrement des institutions au Venezuela.

De même, le 9 avril, lors d’une visite en Jamaïque à la veille du VII° Sommet des Amériques qui s’est tenu à Panama ces 10 et 11 avril, le président états-unien Barack Obama a proposé aux dirigeants de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) l’alternative de « développement d’énergie propre » et la mise en place d’un groupe de travail sur la sécurité énergétique pour réduire la demande des pays des Caraïbes de pétrole fourni par le Venezuela à travers Petrocaribe. Pour cela, l’empire états-unien a offert 20 millions de dollars.

Depuis juin 2014, les prix des hydrocarbures ont souffert d’une baisse de 60%, suite à une stratégie impulsée par les Etats-Unis pour inonder le marché international avec leur production de brut de schiste, un pétrole non conventionnel qui exige des processus d’extraction agressifs (appelé fracking) pour fracturer les roches et injecter des quantités importantes d’eau en produisant des dommages sévères à la croute terrestre ainsi qu’à la santé des résidents des zones dans lesquelles on détecte les déchets de pétrole et de gaz.

L’augmentation démesurée du fracking a un but politique: provoquer la chute des prix et en même temps affecter les économies des pays exportateurs d’hydrocarbures comme l’Iran, la Russie et le Venezuela.

Le rapprochement d’ Obama du CARICOM a eu lieu juste un mois après que le président états-unien ait déclaré le Venezuela comme « une menace » par un décret exécutif de la Maison Blanche violant le droit international.

Les Caraïbes élèvent la voix pour le respect et l’unité

La détermination d’ Obama d’essayer de diviser Petrocaribe et d’attaquer le Venezuela a été affaiblie face à la voix des dirigeants latino-américains et des Caraïbes à la session plénière du VII° Sommet des Amériques, un rendez-vous lors duquel ils affirmèrent leur soutien au gouvernement vénézuélien et à l’importance de continuer à renforcer l’intégration régionale.

« Les accords proposés par le gouvernement du Venezuela à travers Petrocaribe est l’un des meilleurs exemples de coopération sud-sud et est cohérent par rapport au sujet de notre réunion sommet: la prospérité dans l’équité », a déclaré la première ministre de la Jamaïque, Portia Simpson-Miller, qui a, en outre, affirmé que le défi pour l’Amérique Latine et les Caraïbes est d’approfondir la coopération multilatérale qui a comme exemple Petrocaribe, c’est pourquoi elle a lancé un appel aux présidents et aux chefs d’Etat et de Gouvernement à « agir de toute urgence » pour obtenir l’égalité dans la distribution des richesses.

Pour sa part, le premier ministre de Saint Vincent et les Grenadines, Ralph Gonsalves, a souligné que « le Venezuela a démontré un niveau de solidarité sans précédent avec nos aspirations au développement ».

Le président d’Haïti, Michel Martelly, a souligné l’impact social qu’a eu la création de Petrocaribe pour la nation antillaise et le reste de la région, puisque depuis 2005, ce mécanisme ait investi 3 944 millions de dollars dans plus de 432 programmes sociaux.

« Ces programmes, dont bénéficie une grande majorité des peuples des Caraïbes et de l’Amérique Centrale constituent une assistance inestimable pour le peuple d’Haïti. Avec ce programme, mon gouvernement a pu définir ses propres besoins urgents ainsi que ses priorités. Et, sans cet apport, nous n’aurions pas pu être en conditions pour répondre de manière adéquate à certains besoins essentiels », a précisé Martelly.

Cette approche fut similaire à celle du chef d’Etat du Nicaragua, Daniel Ortega qui a signalé que les accords établis dans la région latino-américaine « sont des programmes sociaux de complémentarité et de commerce juste ».

Au nom du CARICOM, la première ministre de Trinité et Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a demandé au gouvernement nord-américain l’abrogation du décret impérialiste contre le Venezuela : « Au CARICOM, nous sommes de petitq pays très indépendants mais très en faveur de la démocratie et de l’Etat de droit. A cause de cela, nous croyons profondément à la souveraineté des nations et par conséquent, nous sommes avec vous, président (Nicolas) Maduro, pour votre souveraineté et pour l’autodétermination et le droit de votre peuple à être géré comme il veut ».

Dans ce contexte, le chef de l’Etat vénézuélien, Nicolas Maduro, a réaffirmé que « Petrocaribe est une réalité, ce n’est pas une offre de Gascon, ce n’est pas un projet pour dominer et pour conquérir les pays avec des transnationales ».

« Petrocaribe est un projet pour libérer les peuples, c’est un projet solidaire », a-t-il souligné en évoquant le fait que depuis 2005, les pays qui font partie de cet accord ont augmenté de 25% leur Produit Intérieur Brut (PIB) et ont élevé leur niveau de distribution et d’égalité », a-t-il ajouté.

En outre, il a proposé que le Panama, siège du Sommet, se joigne à Antigua et Barbuda, aux Bahamas, à Belize, à Cuba, à la Dominique, à la Grenade, au Guatemala, au Guyana, à Haïti, au Honduras, à la Jamaïque, au Nicaragua, à la République Dominicaine, à San Cristobal et Nieves, à Sainte Lucie, au Salvador, à Saint Vincent et Les Grenadines, au Surinam et au Venezuela et fasse partie de Petrocaribe.

Un mécanisme indispensable à la coopération

Dans une interview récente sur Telesur, le président de Petrocaribe, Bernardo Alvarez, a souligné que l’alliance énergétique est un mécanisme indispensable de coopération pour le développement social des peuples, c’est pourquoi il a discrédité les tentatives des Etats-Unis pour créer des instances contre celui-ci.

« Aujourd’hui plus que jamais, il est indispensable que les pays de la région des Caraïbes aient un mécanisme de coopération comme celui mis en oeuvre par Petrocaribe. A cause de cal, quand on voit toute cette campagne médiatique et politique qui est faite depuis les Etats-Unis pour frapper Petrocaribe et le Venezuela, une des choses qui attirent l’attention, c’est qu’au lieu de promouvoir un processus de rapprochement pour coopérer pour le bien des Caraïbes, ils cherchent bien plus des scénarios de confrontation politico-énergétique entre e Venezuela et les Etats-Unis. »

« Une des choses qui attire le plus l’attention, c’est qu’on est toujours invités à des programmes alternatifs à Petrocaribe mais qu’ils ne se développent pas », a accusé Alvarez tout en insistant sur l’engagement vénézuélien pour garantir « que dans les Caraïbes, la coopération existe et pas la confrontation ».

La force de Petrocaribe

Actuellement, Petrocaribe garantit 40% de la sécurité énergétique de ses membres et conserve une moyenne d’échange juste de 100 000 barils.

« Petrocaribe est aujourd’hui profondément humaniste, un élément de rapprochement, de respect, de relations de recherche d’un développement commun sur la base de l’égalité des Etats, du respect et de la solidarité des peuples », a déclaré le président Nicolas Maduro lors du IX° Sommet Extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de Petrocaribe en mars dernier, à Caracas.

Dans le cadre de sa politique de justice et de complémentarité, Petrocaribe prévoit le financement dans des conditions favorables de la facture pétrolière dont 50% sont payés en 90 jours et le reste dans un délai pouvant aller jusqu’à 25 ans, avec 2 de grâce et un intérêt de 1%.

De cette façon, pendant les 9 dernières années, le mécanisme de coopération a fourni 301 millions, ce qui équivaut à une facturation de 28 272 millions de dollars pour garantir la sécurité énergétique de ses pays signataires.

Cet accord a contribué, a revendiqué la souveraineté de la région et s’est érigé en outil pour promouvoir l’égalité, faire diminuer les indices de pauvreté et stimuler le développement des sources d’énergie alternative, ce qui est loin de la conception colonialiste de Washington et de ses alliés.

Au-delà de la coopération énergétique avec laquelle a été fondé le bloc régional, Petrocaribe a approuvé l’établissement d’une Zone Economique centrée sur les domaines des transports et des communications, de la chaîne de production, du tourisme, du commerce et de l’intégration sociale et culturelle.

En outre, Petrocaribe injectera 200 millions de dollars dans le Fonds d’Investissement Solidaire Petrocaribe-Alba pour le développement de plusieurs projets de sources d’énergie complémentaires et commencera un plan contre la pauvreté intitulé Hugo Chavez, qui sera mis en oeuvre avec la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) pour promouvoir des améliorations dans l’accès des peuples de la région aux aliments.

 » Petrocaribe sans aucun doute, a été et est leprojet qui, dans l’histoire des Caraïbes, a provoqué les plus importantes transformations positives dans la vie économique et sociale de nos peuples, dans une vision intégrante, unitaire et profondément humaniste. Petrocaribe nous a transformés en projet de prospérité, de développement et de stabilité des Caraïbes, de stabilité intégrante », a souligné le président Maduro lors de ce rendez-vous de l’alliance dans la capitale vénézuélienne.

Source en espagnol: http://www.avn.info.ve/contenido/pa%C3%ADses-petrocaribe-reafirman-su-unión-frente-pretensiones-divisionistas-eeuu

URL de cet article: http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2015/04/amerique-latine-les-pays-de-petrocaribe-reaffirment-leur-unite-face-aux-tentatives-de-division-des-etats-unis.html – traduction Françoise Lopez

Publicités