Point de presse conjoint de M. Laurent Fabius et de son homologue cubain – Propos de M. Fabius (Quai d’Orsay)

Paris, 21/04/2015

 » Mesdames et Messieurs,

Merci beaucoup de votre présence. Nous allons, avec mon collègue ministre des relations extérieures de Cuba et moi-même, vous dire quelques mots.

J’ai le plaisir d’accueillir aujourd’hui le ministre des relations extérieures de Cuba, M. Bruno Rodriguez Parrilla.

C’est notre 3ème rencontre en un an mais c’est sa première visite officielle en Europe et il a décidé de la commencer par la France.

C’est une visite que nous considérons comme particulièrement importante et c’est la raison pour laquelle le président de la République a souhaité recevoir ce matin mon collègue et ami, le ministre des finances également et juste après cet entretien et ce déjeuner que nous avons pris ensemble, le ministre des relations extérieures de Cuba sera reçu par le Premier ministre.

J’avais été le premier ministre français des affaires étrangères à me rendre à Cuba depuis plus de 30 ans, c’était il y a quelques mois. J’avais eu le plaisir et l’honneur d’être reçu par le président cubain et nous avions cher collègue, tous deux exprimé le souhait d’un renforcement des relations entre nos deux pays. Aujourd’hui, c’est le cas. Nous travaillons à renforcer ce partenariat par un développement de notre dialogue dans tous les domaines sur lesquels nous sommes à la fois très en phase et très clairs ; s’il y a des difficultés, nous les abordons ensemble mais nous avons pu au cours de ce déjeuner faire un tour d’horizon à la fois des relations bilatérales et des relations internationales.

Nous entretenons avec Cuba un dialogue confiant et partageons les mêmes préoccupations sur de nombreux dossiers. Nous sommes, les uns et les autres, très attachés à notre indépendance et à une volonté d’agir concrètement pour rechercher des solutions aux défis internationaux.

Nous coopérons dans toute une série de domaines. Par exemple, – cela n’est pas tellement connu alors que c’est très important – nos équipes médicales en Guinée pour la lutte contre Ebola qui en est une illustration.

Nos relations économiques, universitaires et culturelles sont aussi en plein développement. Nous y attachons une grande importance, comme le rappellera le président de la République lors de sa visite des nouveaux locaux magnifiques de l’Alliance française de la Havane. D’ailleurs, j’ai dit en plaisantant à mon collègue cubain que nous aurions un développement exponentiel de l’apprentissage du français. Le développement de nos relations est aussi un moyen de nouer un dialogue plus étroit avec la société civile cubaine et, de façon générale, entre Cuba, l’Europe et la France.

Nos échanges ont naturellement porté en priorité sur la préparation du déplacement historique – je crois que le mot pour une fois n’est pas galvaudé – qu’effectuera dans trois semaines le président de la République à Cuba. Ce sera en effet le premier déplacement d’un chef d’État français dans ce pays. Cette visite s’inscrit dans un contexte positif à plusieurs égards :

Elle fait partie de la stratégie initiée par notre gouvernement, depuis 2012, de renforcement de la présence française en Amérique latine et dans les Caraïbes. Cuba est un pays-clé de cette zone avec lequel nous souhaitons développer un partenariat privilégié.

Cette visite intervient alors que Cuba est en voie d’être pleinement réintégré dans son environnement international après la rencontre historique entre les présidents Castro et Obama. La France, qui a joué à cet égard un rôle pionnier que nos amis cubains veulent bien reconnaître, notamment en poussant à la reprise du dialogue entre l’UE et Cuba, se réjouit de cette évolution qui va dans le sens de l’Histoire et qui est bénéfique pour tous les peuples.

Ce nouveau contexte lève un certain nombre d’obstacles aux échanges économiques, humains et culturels avec Cuba. La France s’est constamment opposée à l’embargo américain, elle encourage les États-Unis à lever rapidement l’embargo. Il en va de même pour le retrait de Cuba de la liste américaine des États qui soutiennent le terrorisme, qui relève de l’évidence.

Enfin, cette visite a lieu en amont de la Conférence de Paris sur le Climat, la fameuse COP21. Je suis convaincu, nous en avons parlé, que Cuba, dont l’influence est reconnue, peut jouer et va jouer un rôle très positif pour faire de la conférence de Paris un succès. Nous avons décidé avec mon collègue Bruno Rodriguez d’y travailler « main dans la main »./. »

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