Venezuela/Guyana: Maduro demande à l’ONU le respect de l’Accord de Genève pour résoudre le litige

Caracas, 28 juillet AVN.- Le président de la République, Nicolas Maduro, a rencontré mardi le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Ban Ki-moon, au siège de cette instance internationale, à New York, où il a exposé la vérité sur la réclamation légitime que fait le Venezuela du territoire de l’Esequibo dont il fut dépouillé par l’empire britannique.

Après cette rencontre, le chef de l’Etat vénézuélien a donné une conférence de presse qui a été diffusée par Telesur et lors de laquelle il a mentionné le fait qu’il a expliqué en détails à Ban Ki-moon la controverse avec le Guyana qui est arrivée à un point complexe à la suite des provocations de la droite internationale qui utilise ce litige territorial comme excuse pour s’emparer du pétrole vénézuélien et briser l’unité latino-américaine et caribéenne.

Le Président, qui était accompagné par l’ambassadeur du Venezuela devant l’ONU Rafael Ramirez, a indiqué que la réunion avec le secrétaire de l’Organisation des Nations Unies a été fructueuse.

« Il est devenu une nécessité historique , politique, diplomatique d’exposer avec le plus grand soin les détails du processus historique de spoliation du Guyana de l’Esequibo et l’importance de l’Accord de Genève en tant que mécanisme qui régit ces relations avec la République Coopérative du Guyana » a déclaré le Président.

De même,il a réaffirmé sa disposition à résoudre le différend avec le Guyana par la voie de la diplomatie et de la paix en respectant l’Accord de Genève, une base de médiation signée en 1966 qui établit qu’aucun acte ou aucune activité ne seront permis sur ce territoire tant que ce document signé par les parties sera en vigueur.

Le Guyana viole cet accord en ayant permis récemment qu’Exxon Mobil – une entreprise pétrolière états-unienne – fasse une incursion dans l’Esequibo.

« Nous croyons qu’on doit continuer à traiter tous les sujets en suspens sur Guyana de l’Esequibo à travers l’Accord de Genève, un mécanisme du droit international contraignant pour le Venezuela et pour la République Coopérative du Guyana » a noté le Président de la République qui a fait un résumé du différend territorial entre le Venezuela et le Guyana qui date de plus d’un siècle. Suite à des arrangements coloniaux et impériaux, on a spolié le pays d’un vaste territoire sujet dès lors à réclamation.

 » Le Guyana de l’Esequibo a toujours été au Venezuela, depuis la fondation même de la Capitainerie Générale du Venezuela, en 1777 et dans toutes les étapes de l’indépendance quand nous avons pris notre indépendance envers l’empire espagnol, quand a été fondée la République de Colombie qui rassemblait ce qui est aujourd’hui le Venezuela, la Colombie, le Panama et l’Equateur », a-t-il expliqué.

Il a aussi évoqué la seconde étape de la controverse instituée la spoliation. « 1835 est une seconde étape que nous avons intitulée La Spoliation. 1835-1899 (…) Cette seconde étape, l’empire britannique la couronne par une sentence arbitrale à Paris, 1899, avec 5 arbitres: 2 arbitres britanniques nommés par la reine, 2 arbitres nommés par le gouvernement des Etats-Unis qui représentaient le Venezuela parce que les Britanniques refusèrent de s’asseoir avec des « sudacas », avec des Indiens à la table, et un cinquième arbitre, un Russe, membre de la Cour Britannique qui signèrent une sentence pleine de vices et considérée comme nulle et non avenue par le Venezuela », a rappelé le chef de l’Etat.

Il a également souligné que de 1899 à 1966, on a vécu une troisième étape entre le Venezuela et le Guyana. « C’est l’étape de la dénonciation du caractère nul et non avenu de la sentence de Paris. Cette étape s’achève entre 1962 et 1966 avec les négociations avec le gouvernement britannique, le gouvernement du Venezuela et le gouvernement colonial de l’époque du Guyana Britannique qui a eu comme résultat l’Accord de Genève, en février 1966 ».

Il a noté, de plus, que l’Accord de Genève a marqué une nouvelle étape historique et oblige les gouvernements du Guyana et du Venezuela à se fier à ce qu’il stipule pour traiter les affaires de l’Esequibo.

« Je veux dire que l’empire britannique et le gouvernement britannique, avant de concéder l’indépendance au Guyana, a reconnu que la sentence arbitrale de 1899 n’avait aucune validité, ne représentait pas les résultats définitifs concernant la réclamation du Venezuela sur le Guyana de l’Esequibo », a-t-il soutenu.

Ce fut en 1949, par un memorandum écrit par l’avocat états-unien Severo Mallet-Prevost qui avait été conseiller du Venezuela dans cette négociation, que fut connu le fait que cette sentence fut le produit d’un arrangement politique entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne, raison pour laquelle aucun gouvernement vénézuélien ne le reconnaît ni ne l’accepte.

L’Esequibo possède de grandes richesses naturelles qui lui confèrent un fort potentiel du point de vue des ressources forestières, minières, énergétiques, hydrauliques et touristiques.

Parmi les ressources naturelles et potentielles dans le domaine minier, ce territoire possède de la bauxite, du manganèse, de l’or et des diamants, du kaolin, du sable, de l’argile, du silicium, du mica, du cuivre, de l’uranium, du fer, du manganèse, de l’hématite, entre autres.

Le Guyana de l’Esequibo (zone en réclamation) qui s’étend sur 159 542 kilomètres appartient à la République du Venezuela depuis 1811, moment où il est inclus dans sa première Constitution.

On ratifie la demande du médiateur

Maduro a dénoncé le fait que le président du Guyana, David Granger, depuis qu’il est arrivé à la Présidence, s’est consacré à vilipender l’histoire et le peuple du Venezuela en même temps qu’il a affirmé qu’il défendra les droits historiques des Vénézuéliens sur l’Esequibo.

« (Granger) a pris des décisions graves qui violent l’Accord de Genève, refuse le mécanisme de bons offices et a rempli de tension les relations entre le Venezuela et le Guyana et les relations des Caraïbes qui se déroulent en paix et dans la tranquillité », a-t-il signalé.

Le 10 juillet dernier, le Venezuela a demandé officiellement à l’ONU de désigner un Médiateur entre les 2 pays. Cependant, le Guyana a refusé cette initiative.

En ce sens, le chef de l’Etat a informé que le Venezuela a renouvelé mardi sa demande devant l’Organisation des Nations Unies pour que le médiateur soit mis en place immédiatement en tant que mécanisme établi dans l’Accord de Genève pour résoudre pacifiquement la controverse territoriale sur le territoire de l’Esequibo.

« Je suis venu à cette réunion à New York pour dénoncer les provocations du président du Guyana, le viol de l’Accord de Genève, défendre les droits historiques du Guyana de l’Esequibo et du peuple du Venezuela et demander qu’on active immédiatement la recherche d’un médiateur et fasse baisser ces tensions qui ont été créées après l’arrivée du nouveau président du Guyana », a-t-il dit.

Il a précisé que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, s’est engagé à mettre en place une commission pour qu’elle se rende au Venezuela et au Guyana pour promouvoir la ise en place du médiateur.

Ceci pourrait amener une rencontre entre le président Maduro et le chef de l’Etat du Guyana en septembre prochain.

Maduro a rappelé que pour que le médiateur soit mis en place, on doit avoir l’approbation des gouvernements du Venezuela et du Guyana.

« Nous avons un Accord de Genève qui a tous es mécanismes pour traiter ce sujet et le mécanisme qui est mis en place est le médiateur. Le Venezuela respecte le droit international et continue à faire appel le médiateur », a insisté le président Maduro qui a évoqué le fait que le Venezuela continue à parier sur la diplomatie de paix et a manifesté son désir que celle-ci soit le chemin pour résoudre le conflit avec le Guyana.

« Je suis sûr que tôt ou tard, nous allons avoir de grands résultats pour finir, une fois pour toutes, de traiter ce sujet mais surtout pour dépasser la provocation occasionnelle, belliqueuse du nouveau président David Granger qui aura à rectifier une position qui porte préjudice au peuple même du Guyana ».

Source en espagnol:

http://www.avn.info.ve/contenido/venezuela-exige-ante-onu-respeto-al-acuerdo-ginebra

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AVN –

traduction Françoise Lopez

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