Visite pontificale à Cuba: Raùl accueille le pape François

La Havane, 19 septembre (RHC).- Le président cubain Raúl Castro a accueilli le pape François à l’aéroport international José Martí de La Havane. Le Souverain Pontife a entamé une visite apostolique dans notre pays qui prendra fin lundi. Il accomplira un programme d’activités pastorales qui inclut des messes dans les villes de La Havane, d’Holguín et de Santiago de Cuba.

Dans son discours de bienvenue au pape, Raul Castro a signalé:

« Le peuple et le gouvernement cubains vous accueillent avec des sentiments profonds d’affection, de respect et d’hospitalité.

Nous sommes très honorés de votre visite. Vous pourrez constater que nous aimons profondément notre Patrie pour laquelle nous sommes capables de faire les sacrifices les plus grands »

Se référant aux propos tenus par le pape François au sujet de la protection de l’environnement, Raúl Castro a relevé :

« L’analyse que vous faites des causes de ces problèmes et l’appel à sauvegarder la planète et la survie de notre espèce : à la fin de l’action prédatrice des pays riches et des grandes transnationales ; à l’élimination des dangers qui planent sur tous en matière d’épuisement des ressources et de perte de la biodiversité commencent à avoir une répercussion croissante.

Comme votre Sainteté le signale : « L’Humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de procéder à des changements de modes de vie, de production et de consommation »

Et Raúl Castro a ajouté :

« Le leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro en 1992, au cours de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement, à Rio de Janeiro, a mis l’accent sur la nécessité de sauver l’humanité de l’autodestruction, de mieux répartir les richesses, les connaissances et les technologies, pour le développement durable, « faire disparaître la faim et pas l’homme » -a-t-il indiqué-.

Dans une autre partie de son discours le président cubain a signalé:

« Pour construire une société plus juste et solidaire, nous avons déployé de très grands efforts et nous avons fait face aux plus graves dangers depuis le triomphe de la Révolution.

Nous l’avons fait sous les effets d’un blocus, nous avons été calomniés, agressés, avec un coût élevé en vies humaines et avec de grands dommages économiques. Nous avons créé une société avec équité et justice sociale, avec un large accès à la culture et avec un grand attachement aux traditions et aux idées les plus avancées de Cuba, de l’Amérique Latine, des Caraïbes et du monde ».

Après avoir mis l’accent sur le fait que des millions de personnes ont recouvré leur santé et ont appris à lire et à écrire grâce à la coopération cubaine, Raúl Castro a relevé:

« Nous avançons avec détermination dans l’actualisation de notre modèle économique pour construire un socialisme prospère et durable, centrée sur l’être humain, sur la famille et sur la participation libre, démocratique, consciente et créatrice de toute la société, spécialement des jeunes.

Préserver le socialisme est garantir l’indépendance, la souveraineté, le développement et le bien-être de la Nation. Nous avons la décision la plus ferme de relever tous les défis pour parvenir à une société vertueuse et juste avec des valeurs éthiques et spirituelles élevées »

«L’unité, l’identité et l’intégration régionales doivent être défendues. La Proclamation de l’Amérique Latine et des Caraïbes comme Zone de Paix, signée par les chefs d’État et de Gouvernement au cours du II Sommet de la CELAC, la Communauté des États Latino-américains et Caribéens qui s’est tenu à La Havane en janvier 2014, réaffirme un ensemble d’engagements d’une importance vitale, comme la solution pacifique de différends afin de bannir de notre région à jamais le recours à la force et la menace d’y avoir recours ; comme la non-intervention, directe ou indirecte, dans les affaires intérieures de n’importe quel autre État et le respect des principes de la souveraineté nationale, de l’égalité de droits, de l’autodétermination des peuples ; encourager les relations d’amitié et de coopération entre les pays membres et avec d’autres pays et respecter pleinement le droit inaliénable de chaque État de choisir son système politique, économique, social et culturel, comme condition essentielle pour assurer la coexistence pacifique entre les pays.

Après s’être référé aux graves dangers que représente pour l’humanité l’existence des armes nucléaires et aux propos tenus à ce sujet par le Pape François, Raúl Castro a signalé :

« Nous avons exprimé notre gratitude pour votre appui au dialogue entre les États-Unis et Cuba. Le rétablissement des relations diplomatiques a été un premier pas du processus vers la normalisation des liens entre nos deux pays, processus qui exigera la solution de problèmes et la réparation d’injustices.

« Le blocus, qui cause des dommages humains et des privations aux familles cubaines, est cruel, immoral et illégal, il doit cesser. Le territoire qu’usurpe la Base Navale à Guantánamo doit être restitué à Cuba. D’autres questions doivent également être résolues. Ces revendications sont partagées par les peuples et par l’immense majorité des gouvernements du monde ».

Rául Castro a rappelé la célébration cette année du 80e anniversaire des relations entre Cuba et le Vatican et souligné que le gouvernement et l’Eglise Catholique à Cuba entretiennent des relations dans un climat édifiant sur la base du respect mutuel de même qu’avec toutes les dénominations religieuses existant dans notre pays. Il a souligné que notre Constitution garantit la pleine liberté de culte ».

Le pape a commencé son discours en remerciant les autorités gouvernementales cubaines, les autorités ecclésiastiques du soin mis dans la préparation de cette visite.

« Merci monsieur le président de votre accueil et votre discours attentionné au nom du gouvernement et du peuple cubains.

Merci aussi a tous ceux qui se sont adonnés à la préparation de cette visite pastorale et je voudrais vous demander monsieur le président de transmettre mes sentiments de spéciale considération et respect à votre frère Fidel.

Cette année 2015 nous célébrons le 80è anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques ininterrompues entre la République de Cuba et le Saint Siège. Aujourd’hui nous renouvelons ces liens de coopération et d’amitié.

Ce voyage apostolique coïncide avec le centenaire de la proclamation de la Vierge de la Charité del Cobre comme patronne de Cuba par Benoît XV. Ce sont les vétérans de la guerre d’indépendance, animés de sentiments de foi et de patriotisme qui avaient demandé que la vierge adorée par les indépendantistes soit proclamée patronne de Cuba comme nation libre et souveraine. Depuis lors elle a accompagné l’histoire du peuple cubain, en soutenant l’espoir qui préserve la dignité des personnes dans les situations les plus difficiles et portant le drapeau de tout ce qui rend digne l’être humain. »

Le Pape a annoncé qu’il se rendra au sanctuaire d’El Cobre en tant que pèlerin pour prier à la vierge pour tous les Cubains et pour cette nation, pour qu’elle marche sur les chemins de la justice, de la paix, liberté et réconciliation.

Géographiquement Cuba est un archipel qui regarde vers tous les chemins avec une valeur extraordinaire comme clef entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest. Sa vocation naturelle est être point de rencontre pour que tous les peuples se réunissent en amitié comme en rêvait José Marti par dessus les langues des isthmes et la barrière des mers. »

Le pape s’est référé au rapprochement entre Cuba et les États-Unis, auquel il a apporté une grande contribution.

« Depuis plusieurs mois nous sommes les témoins d’un évènement qui nous rempli d’espoir: le processus de normalisation des relations entre deux peuples, après des années éloignement. Ce processus est un symbole de la victoire de la culture de la rencontre, du dialogue. J’encourage les responsables politiques à continuer à avancer sur ce chemin et à développer toutes leurs potentialités comme preuve du noble service qu’ils sont appelés à prêter en faveur de la paix et le bien être de leurs peuples et de toute l’Amérique et comme un exemple de réconciliation pour le monde entier. Le monde a besoin de réconciliation au milieu de cette ambiance de 3è guerre mondiale par étapes, à laquelle nous sommes en train d’assister.

Après la cérémonie de bienvenue à laquelle ont pris part le Cardinal Jaime Ortega, Archêveque de La Havane, a commencé le parcours de 18 kilomètres jusqu’à la Nonciature Apostolique de La Havane, tout le long duquel des milliers de croyants et de non croyants lui ont souhaité une bienvenue chaleureuse.

Au programme d’aujourd’hui du Souverain Pontife, une rencontre de courtoisie avec le président Raúl Castro.

Edité par Tania Hernández

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