Les cinq mythes qui démentent le voyage d’Obama à Cuba

 

24 février 2016

Les cinq mythes qui démentent le voyage d’Obama à Cuba – le président des États-Unis, Barack Obama, a confirmé jeudi dernier qu’il se rendra à Cuba à la fin Mars, et deviendra ainsi le premier chef d’État en exercice qui aura vu l’Île voisine depuis 80 ans environ. Les nouvelles qui ont fait le tour du monde, d’abord comme une rumeur et aussitôt après, ratifiées par la Maison Blanche, ont démonté certains des principaux mythes provoqués durant plus d’un demi-siècle d’éloignement et de confrontation. (Medium.com)

Les cinq mythes qui démentent le voyage d’Obama à Cuba

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Le président des États-Unis, Barack Obama, a confirmé jeudi dernier qu’il se rendra à Cuba à la fin Mars, et ainsi, il deviendra le premier chef en exercice qui aura vu l’Île voisine depuis 80 ans environ.

La visite serait la marque finale du changement de politique initié le 17 Décembre 2014 et qui, sans aucun doute, se transformera en l’un des plus grands legs en politique étrangère de l’administration démocratique actuelle.

Les nouvelles qui ont fait le tour du monde, d’abord comme une rumeur et aussitôt après, ratifiées par la Maison Blanche, ont démantelé certains des principaux mythes provoqués durant plus d’un demi-siècle d’éloignement et de confrontation :

1. Il y a une raison pour laquelle les Étasuniens ne devraient pas se rendre à Cuba

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Il est évident que le voyage d’Obama n’a pas de buts touristiques, catégorie qui a été interdite selon la Loi de Réforme des Sanctions Commerciales et l’Extension des Exportations de l’année 2000 [ NdT : cette loi, la « Trade Sanction Reform and Export Enhancement Act » a été adoptée aux États-Unis par l’ancien président Bill Clinton en 2000 ; Lire « Voyage vers l’avenir » pour en savoir plus].

Toutefois, personne n’écarte la possibilité que, pendant les deux jours où il sera dans le pays, il puisse jouir de la richesse culturelle du peuple cubain ou observer les beautés naturelles d’une île voisine qui a été hors de portée des voyageurs de son pays durant plus d’un demi-siècle.
Le secrétaire d’État nord-américain, John Kerry, a été impressionné par l’Hôtel National lors de sa visite en août dernier, il a marché dans les rues de La Havane et a conduit une Chevrolet Impala de 1959.

Si le président des États-Unis, qui est peut-être la personne la plus surveillée au monde, peut prendre l’Air Force One et atterrir à La Havane sans davantage de permis qu’une invitation des autorités de l’Île, pourquoi le reste des citoyens ne peut pas faire la même chose ?

 

2. Les Droits de l’Homme à Cuba sont la principale préoccupation des USA

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Ceci est le mantra de ceux qui cherchent à justifier, en tant que croisade philanthropique, la politique d’agression qui a débuté en 1959 face à la progression d’une révolution socialiste dans sa propre arrière-cour et qui continent avec les mêmes objectifs politiques, bien qu’ils changent les méthodes.

Il y a eu tant de propagande qui a été diffusée à ce sujet par tous les moyens possibles, en particulier après l’effondrement du camp socialiste, qui a aussi imprégné la realpolitik postérieure aux annonces du 17 décembre 2014..

Il y a à peine quelques mois, Obama a fait des déclarations en assurant qu’il évaluait la possibilité de visiter Cuba, mais sous certaines conditions.

L’une d’elles, a-t-il déclaré, était « de parler à tout le monde. »

Peut-être que ses conseillers ne lui ont pas rappelé que le discours de l’ex-président Jimmy Carter a été transmis en direct depuis le Grand amphithéâtre de l’Université de La Havane en mai 2002 par la télévision cubaine.

Il n’y a pas manière d’atteindre plus de Cubains que comme cela.

« Si, de fait, je peux dire avec confiance que nous constatons des progrès dans la liberté et des possibilités pour les Cubains, j’aimerais utiliser une visite comme une manière de souligner ce progrès« , a déclaré le président pour une autre de ses conditions.

Depuis lors, Cuba n’a pris aucune mesure qui affecte radicalement les droits acquis au cours du processus révolutionnaire, les mêmes qui sont reconnus dans le monde entier.

Le voyage lui-même confirme que depuis longtemps, peut-être depuis janvier 1959, Cuba répond aux « conditions » pour être visitée par tout président, au-delà de la nécessité incontestée de continuer d’étendre les libertés économiques, politiques et sociales conquises dans un scénario d’agression et qui sans doute doivent se développer si ce contexte venait à changer.

3. Obama a déjà fait tout ce qu’il a pu

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Depuis que le démocrate Bill Clinton a signé en 1996 la loi Helms-Burton, le président des États-Unis a perdu la capacité de mettre fin au blocus contre Cuba, mais le gouvernement Exécutif de l’époque était assez intelligent pour laisser une marge de manœuvre.

Le vice-conseiller en Sécurité Nationale de la Maison Blanche, qui a fait partie des négociations secrètes avec La Havane ayant conduit à la normalisation des relations, a confirmé ce dimanche à Washington ce que la partie cubaine a défendu depuis le début : Obama a le pouvoir exécutif de faire beaucoup plus que ce qu’il a fait jusqu’à présent.

Au cours d’un événement organisé à l’Institut de la Paix dans la capitale étasunienne par le Consortium de Cuba, auquel a eu accès la presse cubaine accréditée, Rhodes a dit que l’administration d’Obama évalue d’autres modifications réglementaires supplémentaires qui peuvent être faites dans le cadre de la loi actuelle.

« Nous n’avons pas encore réussi à relier notre nouvelle politique envers Cuba avec les transformations que vit ce pays pour renforcer les entreprises et avoir un impact sur ​​les gens, » a-t-il dit. « C’est ce que veut le président .« 

«Nous voulons nous ouvrir autant que possible et nous croyons qu’il est encore possible de faire plus, » a-t-il ajouté. « Créer une impulsion pour que ça devienne irréversible. »

4. Les changements envers Cuba ont un coût politique élevé

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Les analystes se demandent si la limite du président est le coût politique, la préoccupation d’aller à l’encontre de la loi ou sa stratégie pour démanteler le système politique et social cubain.

Le président Barack Obama dispose d’une base de soutien pour poursuivre la levée du blocus, principal obstacle dans les relations entre Cuba et les États-Unis, a affirmé mercredi à Washington le ministre cubain du Commerce extérieur et des investissements étrangers, Rodrigo Malmierca, à son homologue étasunien, Penny Pritzker.

« Nous ne sommes pas naïfs, a dit Malmierca, nous savons que tout ceci (la levée du blocus) pose des problèmes politiques pour l’administration, en particulier durant une année électorale. Mais il y a un fort soutien non seulement dans la société nord-américaine, mais aussi au Congrès, et parmi les membres du Congrès des deux parties, pour continuer à avancer « .

Tout comme les annonces du 17 Décembre, la nouvelle qu’ Obama se rendra à Cuba a été reçue comme un symbole de paix, en plus de contribuer à répondre à la demande annuelle de la grande majorité des pays à travers le monde exigeant la levée du blocus à l’Assemblée générale de l’ONU.

Il est difficile d’imaginer d’autres décisions du gouvernement nord-américain qui atteignent un avis unanime aussi favorable dans le monde.

5. L’omnipotence de l’extrême-droite à Miami

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Le décès de la thèse comme quoi l’extrême-droite de Miami, en particulier les législateurs d’origine cubaine, avait totalement séquestré la politique des États-Unis envers Cuba, a commencé à s’effriter lorsque les présidents Obama et Raul Castro ont annoncé au monde qu’ils étaient disposés à avancer dans la normalisation des relations.

Bien que ces mêmes congressistes et sénateurs restent au pouvoir, la communauté cubaine de Floride et surtout de Miami a subi des transformations radicales.

Avec deux Cubain-américains en course aux primaires républicaines, tous deux opposés à un rapprochement avec Cuba, ce voyage d’Obama vis à vis de la scène électorale est, au moins, une preuve de la force que conserve encore la Maison Blanche pour gérer la politique étrangère des États-Unis.

« Il pouvait avoir un sens avant, mais Cuba est en transformation », a déclaré Rhodes aux membres du consortium à propos du blocus contre Cuba, après avoir reconnu que beaucoup de Cubain-américains radicaux avaient réussi à évoluer. « La question est : ferons-nous partie de ce changement ou pas. »

Il a cité l’exemple de l’ex-secrétaire du Commerce qui a assumé la présidence du Conseil des Négociations États Unis-Cuba.

Peut-être rien n’illustre mieux les changements survenus au cours des dernières années que l’histoire de ce chef d’entreprise d’origine cubaine, qui a dirigé la multinationale d’aliments Kellogg’s, et a fini par faire partie de l’administration de George W. Bush et de la Commission de Soutien à Cuba Libre, qui est l’organe interventionniste chargé de diriger une transition politique présumée sur l’île.

Les étasuniens voyagent, a dit Rhodes, et ils voient que les Cubains désirent l’ amélioration des relations entre Cuba et les États-Unis. Il a mentionné aussi l’ enquête menée par un journal étasunien qui parle d’un soutien de 95% pour le dégel des relations.

«Pourquoi au nom du peuple cubain nous adopterions une politique qui est massivement rejetée par eux ? »

Auteur : Sergio Alejandro Gómez, journaliste cubain spécialisé en analyses de sujets internationaux, le 18 février 2016.
Source : Medium.com

Traduction : Admin Site France-Cuba

URL de cet article: http://www.francecuba.org/les-cinq-mythes-qui-dementent-le-voyage-dobama-a-cuba/

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