La presse argentine dénonce le manque de transparence dans les accords signés pendant la visite d’ Obama

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Bien que le gouvernement de Mauricio Macri clame sa transparence, la pratique est opaque selon les médias. Aussi bien la Présidence que le Ministère des Affaires Etrangères n’ont publié que le titre des accords signés pendant la visite du président des Etats-Unis Barack Obama. Ils disent peu de choses et rien sur leur contenu: Accord sur l’augmentation de la Coopération pour Prévenir et Combattre les Délits Graves, déclaration conjointe sur la Coopération en Matière de Sécurité et de Facilitation des Déplacements, accord concernant la Mise en place d’Officiers de Sécurité à Bord et accord cadre en matière de commerce et d’investissement.

Une déclaration conjointe a été faite par les chanceliers en soutien à l’Organisation des Etats Américains et au Système Inter-américain des Droits de l’Homme. « La signature de ces accords fait partie d’un paquet qui comprend, entre autres, le Memorandum d’Entente pour prévenir le blanchiment d’argent. » Pas un mot de plus. Pour soulever un peu le voile, il faut recourir à la page de la Maison Blanche. Ainsi, on peut apprendre que:

– Pour que l’Argentine puisse augmenter la taille de ses unités militaires déployables et participer à des missions de paix en Afrique, les Etats-Unis renforceront leur capacité, ce qui inclut l’entraînement et la modernisation de la flotte d’avions de transport et de charge C-130.

– L’Argentine recevra un nombre important de réfugiés comprenant des personnes déplacées par la guerre en Syrie (c’est à dire chassés par Daesh et par les bombardements des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la France, de leurs alliés et de la Russie. Ils lâchent les bombes et l’Argentine reçoit ceux qui leur échappent avec des financements que lui octroieront les Etats-Unis).

– Pour le combat conjoint contre le trafic de drogues et le crime organisé, les Etats-Unis assisteront les forces de sécurité argentines en ce qui concerne le terrorisme et le financement du terrorisme sur la Triple Frontière. Des fonctionnaires argentins seront formés à l’Académie Internationale de Police, feront des voyages d’étude aux Etats-Unis et recevront des formations de la DEA et du FBI.

– Le FBI aidera aussi à monter un réseau de Centres de Fusion de Renseignements (sic) pour détecter et porter un coup au terrorisme et au crime organisé (dans ces Centres de Fusion, créés après les attaques de septembre 2001 par le Ministère de la Sécurité Nationale, des agences de Renseignement comme la CIA, des organismes policiers comme le FBI, les Forces Armées et les gouvernements national, de l’état et local partagent des informations. En 2012, une commission bipartite du Sénat a publié un rapport dévastateur sur l’inutilité, le gaspillage et le risque pour les libertés civiles représentés par ces centres qui peut être consulté ici:

http://foreignpolicy.com/2012/10/03/senate-report-says-national-intelligence-fusion-centers-have-been-useless/)

– En mai, le Pentagone organisera la première rencontre de travail avec les Forces Armées argentines depuis 2009 avec un ordre du jour qui comprendra des opérations de paix, de préparation et de réponse face aux désastres et une « coopération dans la défense de l’hémisphère ».

– Le Commando Sud se propose de partager des informations avec le Ministère de la Sécurité argentin à l’aide d’agents de liaison devant ses Forces d’Opération Sud. Le Pentagone a aussi invité l’Argentine à participer à un programme de coopération avec la Garde Nationale. (Dans tous ces cas, les Etats-Unis proposent et l’Argentine accepte de rayer les limites entre les tâches de la Sécurité Intérieure et de la Défense Nationale séparées nettement par 3 lois et un décret signés tout au long de 30 années par les gouvernements d’Alfonsín, Menem, Fernando de la Rúa et Kirchner).

– L’accord sur les délits graves, la coopération dans la sécurité et le combat contre le terrorisme signé par le Ministère argentin de la Sécurité avec ses pairs états-uniens de la Sécurité Nationale et de la Justice facilitera l’échange d’informations sur des délinquants potentiels et connus et sur des terroristes potentiels et connus. Pour améliorer la sécurité, des mesures de protection des avions argentins ont été adoptées avec un programme de fonctionnaires à bord (on ne dit pas s’ils sont états-uniens ou argentins) et le bureau états-unien de douane et de protection de la frontière aidera à améliorer la sécurité sur les frontières argentines. Ces pas amélioreront l’éligibilité de l’Argentine au programme d’entrée aux Etats-Unis sans visa. Pour l’instant, on exemptera de visa les Argentins mineurs de moins de 16 ans et les vieux de plus de 65 ans et l’Argentine cessera de toucher la taxe de réciprocité de 160 dollars que doivent payer les touristes états-uniens (bien que la rédaction soit obscure, on comprend que les Argentins continueront à payer leur part de cette curieuse réciprocité).

– L’accord sur le commerce et les investissements facilitera le dialogue sur la propriété intellectuelle et l’accès aux marchés en combattant les « barrières non scientifiques au commerce ». (C’est à dire, une plus grande ouverture et le paiement de royalties).

– L’Argentine enverra au Congrès pour qu’il soit ratifié l’Accord de Facilitation du commerce approuvé par l’Organisation Mondiale du Commerce en 2013. Les deux pays développeront un programme douanier de guichet unique pour simplifier les démarches. (Cela se comprend mieux si on sait que l’année dernière, l’Argentine a eu un déficit commercial avec les Etats-Unis de 4.200 millions de dollars, c’est à dire de 140% du déficit total de 3000 millions ou pour le dire autrement, l’Argentine a un déficit avec les Etats-Unis et un excédent avec le reste du monde considéré comme un tout. Loin de diminuer le déficit, cette action l’augmentera).

– Parmi l’assistance technique que les Etats-Unis fourniront pour soutenir les réformes de Macrì, il y aura la politique des télécommunications comprenant des consultations avec la Commission Fédérale des Communications concernant la gestion du spectre et la régulation (c’est à dire ce que Macrì a éliminé par décret dès qu’il a été président).

– Les Etats-Unis faciliteront les visites de fonctionnaires argentins aux endroits où se développent des sources d’énergie non conventionnelles pour améliorer la sécurité énergétique et le développement responsable du gaz et du pétrole ( l’acquittement de Chevron en Equateur est un bon exemple de l’attention envers l’environnement claironnée publiquement là).

– Ils augmenteront aussi la coopération dans le développement et la sécurité nucléaire (selon le Groupe Convergencia, composé d’enseignants et de spécialistes des questions de politique étrangère, Sécurité et Défense, le gouvernement national analysera la possibilité de signer un protocole additionnel au système de sauvegardes que l’Argentine conserve envers les organismes internationaux dans le cadre du Traité de Non Prolifération Nucléaire. Ce serait le certificat de décès du système argentino-brésilien de garanties et de sauvegardes qui, depuis 1991, a permis l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins exclusivement pacifiques à l’aide d’un contrôle réciproque sans renoncer au développement technologique propre comme l’exige la superpuissance mondiale et en contribuant au maintient de la paix dans toute l’Amérique.)

Beaucoup de bruit pour rien

Selon Macrì, ces concessions occultes auraient comme contrepartie un déluge d’investissements états-uniens, ce qui ne dépasse pas l’expression d’un désir. Le principal objectif d’Obama en Argentine, affirme le think tank Inter-American Dialogue, a été de soutenir les efforts de Macrì pour “normaliser l’économie et ouvrir la pays au commerce et aux finances globales » de sorte qu’il devienne « un des associés les plus proches des Etats-Unis dans la région ». Cette organisation dont les co-présidents sont l’ex représentante commerciale des Etats-Unis Carla Hills et l’ex président du Mexique Ernesto Zedillo, met en avant la levée des contrôles du change et des contrôles commerciaux et « surtout » l’accord avec les holdouts “ou fonds vautours, comme on les appelle en Argentine ». En énumérant les résultats de cette visite, le Dialogue mentionne les accords de collaboration contre le trafic de drogues et le terrorisme « comprenant un équipement et une formation pour les forces de sécurité  » et « le désir des Etats-Unis de travailler avec l’ Argentine pour développer les importants gisements de gaz et de pétrole conventionnel qui sont les plus importants du monde. Chevron opère déjà en association avec l’entreprise d’Etat YPF ». On comprend mieux la perte de la virginité politique e Laura Alonso.

Le Dialogue a aussi consigné le fait qu’en matière de commerce et d’investissements, « peu d’initiatives concrètes ont été lancées » et ce qu’on a décidé, c’est de créer un groupe de travail pour faire tomber les barrières administratives au commerce alors que les entrepreneurs états-uniens « ont promis d’augmenter les investissements en Argentine de plusieurs milliers de millions de dollars dans les 4 prochaines années « . L’exultation de Macrì pour l’affection qu’ Obama lui a témoigné, à lui et à sa femme, devrait être modéré: les annonces d’investissement formulées à la Société Rurale par les entreprises états-uniennes ne dépassent pas 13.800 millions de dollars sous le mandat de Macrì et 2.300 millions pour les 18 prochains mois. Ces promesses d’investissement pour moins de 4 000 millions de dollars par an sont une goutte dans l’océan qui ne compense pas même de loin la baisse de l’investissement public par le gouvernement et le nouvel endettement qui débutera dans 2 semaines avec un premier coup d’envoi de 12.500 millions de dollars pour payer les fonds vautours. Cela permet de découvrir que la récession sera plus profonde et plus longue que prévu parce que c’est le seul instrument pour atténuer l’inflation qui continue à augmenter et frôle les 5% par mois. De plus, une partie de l’argent qu’il peut rentrer ne sera pas destiné à l’investissement productif mais à l’acquisition d’entreprises pré-existantes à des prix de liquidation à cause de la dévaluation du peso et de la chute de l’activité. La secrétaire au Commerce d’Obama, Penny Pritzker, a chanté les louanges du courage de Macrì « pour résoudre le différend avec les créanciers, réduire les contrôles sur les capitaux et prélèvement sur les exportations agricoles et les subventions de la distribution de l’électricité ». Miguel Angel Broda a ajouté que l’accord avec les vautours ne remplace pas l’ajustement fiscal. A la consigne de Macrì et Prat-Gay: dunga-dunga ou ajustement brutal/hyperinflation, le gourou qui a fait sa réapparition en oppose une plus simple et plus réaliste: dunga-dunga et ajustement. « Cette année, nous avons besoin de placer 40 000 millions de dollars de dette. C’est une offre très importante, a moitié de tout ce qui est placé dans le monde émergent en 2015. Cela met sans doute un plafond haut au taux d’intérêt que paiera le Gouvernement. Je ne suis pas si sûr que nous puissions placer cette dette et en plus, je ne suis pas si sûr que nous puissions faire un programme d’objectifs d’inflation rigoureuse », a ajouté Broda pour qui « les besoins de financement du pays devraient comprendre des prêts du FMI ». Obama a dit quelque chose d’identique plus élégamment: « Souvent, la douleur du court terme et d’avoir à prendre des sanctions décisives aussi tôt est le plus opportun au lieu de remettre les choses à demain ».

D’accord avec les vautours

Une des principales critiques que les Sénateurs ont entendu sur l’accord avec les fonds vautours quia été approuvé mercredi concerne la dollarisation et la fuite d’actifs qui, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, se soustraient au système financier. Ce sont Eduardo Basualdo et le Secrétaire Adjoint Pedro Wasejko qui s’exprimèrent au nom de la CTA et l’expert en finances et en fiscalité Jorge Gaggero. Basualdo a rappelé que la dictature de 1976 a inauguré un modèle d’accumulation de capital que a produit une redistribution du revenu contre les travailleurs, inédite par son ampleur avec une politique économique monétariste qui a initié une profonde désindustrialisation. Dans ce modèle d’accumulation, aussi bien l’Etat que le secteur privé oligarchique ont contracté une dette à l’étranger. Avec ces ressources, le secteur privé a effectué des placements en actifs financiers sur le marché intérieur pour les valoriser étant donné le différentiel positif entre le taux d’intérêt intérieur et le taux d’intérêt international pour ensuite les faire fuir à l’étranger. « La dette extérieure a cessé d’être un instrument pour financer l’investissement productif ou la capital de travail pour devenir un moyen d’obtenir une rente financière. Son revers fut la fuite des capitaux qui ont eu une forte corrélation: en 2001, aussi bien la dette extérieure totale que le stock des capitaux locaux à l’étranger, c’est à dire la fuite des capitaux locaux, ont atteint environ les 140 000 millions de dollars. Je parle du passé mais aussi de l’avenir parce que c’est le processus que va installer ce règlement envers les fonds vautours: endettement extérieur et fuite. Ce qui fuit, ce n’était pas et ne sera pas la consommation des secteurs à hauts revenus mais l’investissement et c’est ce qui a stimulé et stimulera la désindustrialisation. Cet accord promet aux secteurs populaires un horizon marqué par un nouveau cycle d’endettement extérieur, une recrudescence de la fuite des capitaux locaux à l’étranger et la réduction consécutive de l’investissement productif, une croissance du chômage lié à une croissance manufacturière basse ou négative, une augmentation de la pauvreté et de la misère. »

Gaggero a présenté dans un travail sur la fuite des capitaux en 2007 ces données de Basualdo. Comme on le voit dans le tableau, les lignes d’endettement et de fuite sont parfaitement parallèles. De plus, il a remis aux sénateurs une copie des rapports fondamantaux terminés en décembre dernier: celui de la Commission Bicamérale Permanent sur la Dette Extérieure, la Loi 26.984 et celui de la Commission d’Enquête des Instruments Bancaires et Financiers destinés à faciliter l’Evasion d’Impôts et les Sorties d eDevises conséquentes du pays. L’un décrit la voie de l’endettement et le rôle des qualificateurs de dette et des fonds vautours. L’autre, connue pour « l’affaire HSBC » analyse la contrepartie de cette dette qui a augmenté de façon exponentielle entre 1976 et 2001: la fuite des capitaux « 2 courbes qui se touchent presque et montent vers le pic de 2001”. De la confrontation des 2 rapports, il apparaît clairement que les banques qui prêtent ou qui gèrent l’endettement sont celles qui canalisent la fuite. La version dactylographiée ne décrit pas l’expression des sénateurs quand Gaggero leur a dit que les fonctionnaires qui amènent la proposition au Congrès « expriment la vieille expérience nationale manquée dans les 2 processus pervers et interconnectés qu’il a décrit: le président de la Banque Centrale (Federico Sturzenegger) impliqué dans l’affaire du Super-échange ou dans la voie de l’endettement irresponsable et le Ministre des Finances également mentionné dans une affaire de l’HSBC comme administrateur de biens et facilitateur de la fuite de ces ressources vers l’étranger sans accomplir les obligations fiscales ni les autres règles quand elles existaient encore ». Gaggero conclut par un exemple sur la vision biaisée ou de la myopie des médias. « Nous voyons tout le temps le processus de blanchiment d’argent et la fuite qui serait dans la tête de l’entrepreneur Lázaro Báez mais le cas dans lequel est impliqué le Ministre des finances n’est pas mentionné qui se ressemblent par les montants: dans le cas de Baez, on parle de 50 millions d’euros, dans un procès de plusieurs années. une seule affaire, celle de la famille Fortabat à la direction du Ministre en tant que gestionnaire de ces fortunes trans-nationalisées, valait 68 millions d’euros ».

Une autre personne qui a averti sur l’inconsistance des affirmations officielles a été Alejandro Olmos Gaona, dont le père Alejandro Olmos a enquêté et a dénoncé l’endettement et son étatisation frauduleuse pendant la dictature. En tant qu’historien, il a réfuté l’argument que l’accord avec les fonds vautours ouvrirait la porte aux investissements. « Bernardino Rivadavia l’a dit en 1824 avec l’emprunt Baring, le ministre Martínez de Hoz l’a fait pendant la dictature militaire, le ministre Cavallo l’a refait en 1993 quand il a signé le Plan Brady, on a aussi dit la même chose en 2001 et nous sommes ainsi. Tout cet attirail discursif de ce que nous devons résoudre parce que les investissements vont pleuvoir, dans la réalité, ce n’est pas le cas ». Il a aussi mentionné la crise de 1890 et les instructions diplomatiques que le ministre Juan José Romero donna au représentant de l’Argentine à Londres Luis Domínguez qui devait demander un moratoire pour 10 ans de la dette: « On n’arrivera pas à demander de nouveaux crédits parce que payer une vieille dette avec une nouvelle dette, c’est aller droit à la banqueroute ». C’est « ce qui a été fait en Argentine systématiquement de la dictature jusqu’à nos jours ». Olmos Gaona a signalé, comme Basualdo, « l’énorme quantité d’imprécisions » du projet officiel: dans son message, on parle d’une dette de 20.000 millions de dollars. Ensuite, on mentionne des accords pour 7.553 millions de dollars. On dit aussi qu’il y a une énorme quantité de détenteurs de bons inconnus à Londres, au Japon, en Allemagne, en France et en plus, il y a 3.000 millions de dollars dont on ne sait pas où ils sont et qui n’ont pas agi. « Je m’alarme qu’il n’y ait pas de précisions particulières sur ce qu’on va émettre, sur le fait que les taux d’intérêt vont être engagés et je comprends que pour une solution complète de ce problème, il faudrait avoir les chiffres exacts pour que le Congrès décide définitivement si effectivement, cela résout le problème ou peut l’aggraver. »

L’ Inter-American Dialogue dont l’estimation est enthousiaste mais pas ingénue conclut qu’il « faut voir si les réformes de Macrì réussiront à produire la croissance de l’Argentine. « l’inflation continue à être extrêmement élevée, les syndicats expriment leur opposition à certaines des mesures de Macrì et le président n’a pas la majorité au Congrès. Pour l’instant, des secteurs modérés du péronisme, en particulier des gouverneurs de province, collaborent avec le président. Cela pourrait changer si l’économie se détériore encore plus et si les indices élevés de Macrì dans les sondages commencent à baisser ». En outre, Macrì affronte le défi de montrer que le pays n’est pas face à « un retour des politiques néolibérales et de l’alignement automatique sur Washington que l’Argentine a pratiqué dans les années 1990 et que la majorité des Argentins associe encore à l’effondrement économique de 2001”. Personne ne pourra dire qu’on ne les a pas prévenus.

(Extrait de Página 12)

source en espagnol: http://www.cubadebate.cu/noticias/2016/03/27/denuncian-falta-de-transparencia-en-acuerdos-tomados-durante-visita-de-obama-a-argentina/#.VviuB4SGcRE

Source traduction:http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/03/argentine-manque-de-transparence-dans-les-accords-signes-pendant-la-visite-d-obama.html

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