Un hacker colombien engagé par Peña Nieto pour sa campagne présidentielle de 2012?

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Le Mexique pourrait bien s’acheminer vers un nouveau scandale politique d’envergure. Un hacker colombien vient en effet de confesser à l’agence américaine Bloomberg qu’en 2012, il avait été engagé par l’équipe de campagne du candidat du PRI à l’élection présidentielle, Enrique Peña Nieto, afin d’espionner ses deux principaux concurrents.

Pirate informatique expérimenté, Andrés Sepúlveda avait réussi, selon ses dires rapportés par l’édition web du magazine Bloomberg Businessweek, à planifier une opération d’espionnage à grande échelle : il avait mis sur écoute téléphonique les rivaux de Peña Nieto et était parvenu à s’emparer de leurs stratégies de campagne, à accéder à leur discours, avant même qu’ils ne les prononcent. Il avait également réussi à pirater leurs sites internet, rapporte notre correspondant à Mexico, Patrick John Buffe.

Ce Colombien de 31 ans était aussi intervenu sur les réseaux sociaux, où il avait créé des dizaines de milliers de faux profils. Son but : influer sur l’électorat en lançant des rumeurs et des accusations, notamment contre le candidat de la gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador.

Ces déclarations, Andrés Sepúlveda les a faites depuis une prison de Colombie où il est incarcéré pour espionnage. Dès qu’elle en a pris connaissance, la Présidence du Mexique s’est empressée de nier l’existence d’une quelconque relation entre l’équipe de la campagne présidentielle de 2012 et ce hacker. Mais si ses révélations s’avéraient exactes, elles signifieraient que l’élection de Peña Nieto à la présidence a été faussée par des pratiques totalement illégales.

En 2012, les opposants d’Enrique Peña Nieto avaient demandé l’annulation du scrutin en avançant des faits de corruption, des achats de vote et un dépassement du montant autorisé de financement de la campagne électorale. Mais le tribunal électoral en avait finalement décidé autrement et décrété l’élection présidentielle libre, équitable et démocratique.

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