Lufthansa et Latam suspendent leurs vols en direction du Venezuela (RFI)

REUTERS/Michael Dalder

Les compagnies aériennes Latam et Lufthansa ont décidé de suspendre leurs vols à destination du Venezuela, lassées des rigidités structurelles du pays, qui se transforment en impayés par les temps actuels de crise économique à Caracas. Les compagnies aériennes internationales sont engagées dans un véritable bras de fer avec le gouvernement Maduro, afin qu’il paie ses dettes.

Latam, plus importante compagnie aérienne d’Amérique latine, suspend ses vols à destination du Venezuela jusqu’à nouvel ordre. Décision communiquée lundi 30 mai par la compagnie, née de la fusion de la Chilienne Lan et de la Brésilienne Tam.

Face à la situation économique « complexe que traverse la région », expose la compagnie, « Latam suspend ses opérations à l’aéroport international de Caracas pour une durée non définie ».

Conséquence immédiate : la liaison par cette compagnie entre São Paulo et Caracas est bloquée depuis samedi, et les vols reliant Lima ou Santiago du Chili à la capitale vénézuélienne seront suspendus à partir de juillet prochain.

Ce dimanche, la Lufthansa a également décidé de suspendre ses vols vers le Venezuela à partir de mi-juin. Et même si la compagnie allemande affiche sa volonté « de revenir à Caracas le plus rapidement possible », le problème est structurel.

Ces deux compagnies rejoignent d’autres transporteurs – américain, canadien, italien, etc. -, qui ont tous perdu beaucoup d’argent en raison du système de contrôle des changes mis en place au Venezuela.

Il y a deux ans, de nombreuses compagnies avaient décidé de suspendre la vente de billets sur le territoire vénézuélien, de réduire la fréquence des vols, ou encore de suspendre temporairement leurs liaisons avec Caracas.

Les compagnies étrangères, coincées avec des bolivars en les mains

En effet, les billets d’avion achetés dans ce pays ne peuvent être payés qu’en monnaie locale, le bolivar. Et ce dernier ne peut pas être changé à l’étranger. Les compagnies doivent donc s’adresser à l’Etat vénézuélien pour échanger leurs bolivars en dollars.

Or, il y a quelques années, Caracas a commencé à suspendre les paiements en dollars et à restreindre le reversement des revenus des compagnies aériennes. Ce qui est une violation des traités internationaux.

En proie à une inflation galopante, le pays a également décidé de modifier le taux de change, qu’il fixe lui-même, à la défaveur des compagnies aériennes internationales, qui se retrouvent avec entre les mains des milliards de bolivars dévalués.

Selon notre correspondant à Caracas, Julien Gonzalez, l’Etat doit plus de 3,5 milliards de dollars en 2014. Une dette qui plafonne, aujourd’hui encore, largement au-dessus des 3 milliards, selon l’Association des lignes aériennes au Venezuela.

source: http://www.rfi.fr/ameriques/20160531-lufthansa-latam-suspension-vol-venezuela-bolivar-dollars-dette

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