Alliance contre le Venezuela au MERCOSUR

Par Bruno Sgarzini (Mission Vérité, 5 août 2016)

Aussi bien le président argentin Mauricio Macri que le Paraguayen Horacio Cartes et le Brésilien Michel Temer ont violé la légalité du MERCOSUR pour provoquer un choc frontal contre le Venezuela, survolant un vide narratif et juridique sur le soi-disant non respect de la clause démocratique de cet organisme pour refuser de reconnaître le présidence tournante de Caracas.

Et ils l’ont fait le jour même où John Kerry, le chef du Département d’Etat, a rencontré la chancelière colombienne María Ángela Holguín et s’est rendu en Argentine et au Brésil pour pinter tous les canons sur le Venezuela et fermer en une seule fois le front latino-américain.

Justement, ce sont ces objectifs derrière cette opération diplomatique qui prouvent la rapidité des mouvements et les intérêts de poids pour les membres de ces gouvernements, dévoilés par la chancelière argentine Susana Malcorra qui affirme que les « problèmes » avec la présidence de Caracas affecte l’image internationale du MERCOSUR et les négociations commerciales avec l’Union Européenne.

Comme nous le voyons, il ne s’agit pas seulement du Venezuela mais de toute la région.

Le MERCOSUR et l’Amérique Latine

Cela se voit plus clairement dans le dernier rapport du think tank Atlantic Council sur l’ « Alliance Pacifique 2.0 ». L’Atlantic Council est financé par Chevron, la banque HSBC, l’entreprise Kimberly Clark et la transnationale militaire Lockeed Martin, entre autres. A la fin de l’année dernière, lors d’un forum du groupe, Hillary Clinton a demandé un changement de gouvernement au Venezuela et a qualifié l’Amérique Latine de « région la plus importante pour la stabilité des Etats-Unis à long terme. »

Le rapport de ce think tank, qui a aussi le soutien du gouvernement des Etats-Unis et de l’OTAN, recommande de « chercher une fusion et un accord de libre marché entre le MERCOSUR et l’Alliance du Pacifique » pour que ce dernier serve de pont « entre l’Asie Orientale et la côte atlantique de l’Amérique Latine. »

Ces 2 objectifs, basés sur l’optique que cette plateforme converge vers le triangle Etats-Unis-Europe- Amérique Latine pour pénétrer en Asie avec le premier comme pivot, comme le soutient un autre travail de l’Atlantic Council signé par l’ex premier ministre espagnol José María Aznar et l’ex sénateur états-unien Christopher J. Dodd.

Comme nous le voyons, et ce n’est un secret pour personne, la guarimba contre le Venezuela de la part, en particulier du Brésil et de l’Argentine et le projet d’un pays éternellement oublié qu’est le Paraguay se conjugue avec les pas faits par les gouvernements de Mauricio Macri et de Michel Temer, destinés à ce que le MERCOSUR converge vers l’Alliance du Pacifique – un contrat devenu néolibéral, pivot de l’influence yankee qui comprend la Colombie, le Chili, le Pérou et le Mexique – pour accéder aux accords Trans-pacifique et Trans-atlantiques des Etats-Unis ainsi que le recommande aussi Atlantic Council.

Cette symbiose claire entre le lobby corporatif et l’action de l’Argentine, du Paraguay et du Brésil prouve que Macri, Temer et Cartes ne font que suivre un scénario pré-établi. Ils ne font que suivre des ordres. Et ils sont là, seulement investis pour obéir au yankee.

Le plan de Wall Street en Amérique Latine ne rencontre qu’un seul obstacle : le Venezuela. C’est tellement évident que si on se place du point de vue que l’Atlantic Council a parmi ceux qui le financent les banques JP Morgan, Goldman Sanchs et HSBC, immédiatement, cela le lie à des membres du cabinet de Macri, comme Alfonso Prat Gay (ministre des Finances) qui vient de la première et le président de la Banque Centrale de Temer, Ilan Goldfajn, qui vient de la banque ITAU dont les actionnaires sont JP Morgan et Vanguard Corp.

Un cercle dans lequel nous trouvons la même structure que dans e complexe industriel-militaire-financier qui a son siège à Wall Street.

La guarimba contre le Venezuela

Comme cette nouvelle variable de la Triple Alliance entre le Paraguay, le Brésil et l’Argentine dénoncée par la chancelière Delcy Rodríguez, elle a évidemment aussi une relation avec le travail intellectuel intense fait par Atlantic Council avec des publications destinées à « profiter des opportunités commerciales » ouvertes au Brésil avec le pétrole et le gaz du sommet Pre-Sal et la chute de Petrobras, à Cuba avec le rapprochement avec les Etats-Unis, en Colombie avec les dialogues de paix, et au large des Caraïbes suite à « l’affaiblissement » de Petrocaribe et en liquidant l’Amérique du Sud avec convergence en question entre l’Alliance du Pacifique et le MERCOSUR.

Ainsi, pour plus d’efficacité,la chancelière argentine Malcorra essaie de trouver des prétextes juridiques comme que l’Uruguay n’a pas présenté le rapport sur sa présidence (ce qui est faux) et la trinité Cartes-Macri-Temer cherche une formule pour ne pas tomber (de nouveau) dans le ridicule aux yeux du monde comme une soi-disant présidence collégiale, le destin qu’ils veulent pour le MERCOSUR est exactement celui qui est décrit par l’Atlantic Council: seulement un tampon qui serve de pont pour adhérer aux accords globaux que Wall Street construit avec les Traité Trans pacifique et Traité Transatlantique dans lesquels partent 30% des ressources des lobbys corporatifs aux Etats-Unis.

Le plan A sera toujours de faire pression avec des moyens du pouvoir durs et doux pour obtenir un changement de gouvernement au Venezuela qui permette de faire ce transfert sans que cela fasse beaucoup de bruit dans la région. Mais si ce plan échoue, reste toujours sous le coude, comme on le voit, l’isolement de Caracas et une éventuelle suspension pour le faire « de fait » ou faire imploser directement le MERCOSUR pour qu’ensuite le Brésil et l’Argentine trouvent leur propre voie pour entrer dans les méga-traités commerciaux et dans les accords préalables comme celui qui est négocié avec l’Union Européenne.

Comme on le voit, le plan de Wall Street en Amérique Latine ne rencontre qu’un obstacle pour pouvoir absorber les ressources et la main d’oeuvre de la région. Et c’est le Venezuela sur lequel on fait pression et obligé de faire une politique pour ne pas finir par être comme les Macri, Temer et Cartes qui portent sur leurs épaules les marques (du bétail) des banques et des transnationales avec lesquelles ils remplacent de fait le nom de leur pays par celui de franchises.

Source en espagnol : http://misionverdad.com/columnistas/el-plan-detras-de-la-guarimba-contra-venezuela-en-el-mercosur

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos: http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/08/venezuela-le-plan-contre-le-venezuela-au-mercosur.html

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