La Colombie, 2e exportateur mondial de fleurs, célèbre la «Feria de las flores»

Par Najet Benrabaa

Durant neuf jours du 29 juillet au 7 août, la ville de « l’éternel printemps », Medellin, a célébré les fleurs : 120 événements et 450 activités publics et privés étaient prévus à travers la ville, concerts, foires, ateliers culturels, visites de ferme de production de fleurs, etc. La Colombie, deuxième exportateur de fleurs après les Pays-Bas, et premier producteur d’œillets, poursuit sa croissance économique dans ce secteur. En 2005, les exportations de fleurs représentaient 909 millions de dollars, alors qu’en 2015 elles ont atteint 1 295 millions de dollars, d’après le ministère de l’Agriculture et du Développement rural.

Sous une chaleur assommante, les Paisas (habitants de Medellin), Colombiens et étrangers se sont réunis dans le quartier Floresta dans le sud de la ville. Ce samedi 30 juillet, au matin, les enfants de « Silleteros », les floriculteurs qui créent les chaises fleuries de la fête, ont défilé en costume traditionnel. Chaque petit porte un siège sur son dos à l’effigie d’une école, d’une institution ou d’une entreprise. Les fanfares et les démonstrations de danse se succédent, alors que les vendeurs de fourmis à déguster sillonnent les espaces libres entre les spectateurs installés de chaque côté du défilé. Le public est à la fête.

Alba Vasquez vient chaque année. Son objectif est de partager la culture et le patrimoine de la région d’Antioquia avec ses filles adolescentes qui l’accompagnent. « C’est une tradition. La fleur représente la joie, les couleurs, le printemps, la variété de fleurs que nous avons et aussi les femmes que nous sommes », raconte-t-elle.

Carlos Canedo, lui, est venu de Cali, la ville de la salsa, située dans le sud du pays. Il vit depuis peu à Medellín. C’est sa première « feria » de fleurs. Le Colombien quadragénaire, grand de près de deux mètres, porte sa petite de six mois dans les bras tout en se dandinant au son des fanfares : « C’est très agréable, très beau. Je savais qu’ils organisaient bien les choses ici. Il y a vraiment une bonne ambiance. C’est une belle sortie familiale pour ma fille. »

Délifé des enfants de «Silleteros» le 31 juillet 2016. RFI/Najet Benrabaa

Une fête symbole du patrimoine immatériel de la Colombie

Cette année, pour la première fois, la tradition des « Silleteros » a été inscrite au patrimoine immatériel de la Colombie. Ces floriculteurs ont fait le défilé de clôture avec des sièges fleuris pesant de 30 à 85 kilos. Il s’agit du défilé le plus prisé. D’après la mairie de Medellín, 800 000 personnes étaient attendues le long du parcours deux kilomètres et demi du cortège formé par 500 floriculteurs, le 7 août.

Avant ce défilé, il était possible de rencontrer les « Silleteros » dans la municipalité de Santa Elena. Elle se trouve dans le nord de Medellin, au pied du « métro-câble » (le téléphérique). Les fermes de productions de fleurs sont légion et ouvrent leurs portes aux visiteurs. La plus grosse partie des fleurs sont produites en serre, via l’industrie, alors il reste aux floriculteurs artisanaux la confection des chaises fleuries.

Guillermo Leon Vasquez accueille d’ordinaire plus de 3 000 visiteurs durant la foire aux fleurs. Ce floriculteur a repris l’affaire familiale depuis 12 ans. « C’est l’identification d’une région, des personnes qui font partie de notre culture. C’est notre obligation de le conserver. Cela ne doit pas mourir. Durant toute la fête, c’est un travail en famille que nous montrons. Mon frère fait les visites avec moi. Ma femme travaille à la confection des chaises et aux emblèmes ornés de fleurs. On leur explique ce que signifie être « Silletero », les contraintes, les changements. » Guillermo assure recevoir en majorité des Paisas, puis des Bogotanais et enfin des étrangers.

Une floricultrice prépârant une chaise fleurie pour le défilé du 7 août à Medellin. RFI/Najet Benrabaa

Hausse de la fréquentation touristique et des exportations

Medellín espérait recevoir plus de 24 000 touristes durant les 9 jours de fête. Les professionnels assurent une hausse de la fréquentation hôtelière de 80%. Ce qui devrait générer 11% de revenu supplémentaire par rapport à l’an dernier, c’est-à-dire plus de 21 millions de dollars.

En seulement 10 ans, d’après le vice-ministre des Affaires agricoles, la Colombie a exporté sa production représentant plus de 1 600 variétés de fleurs colombiennes dans plus de 90 pays ; ce qui représente une hausse de 42% des exportations. Le secteur de la floriculture aurait également un impact social important.

Selon les chiffres de ProColombia, organisme responsable de la promotion commerciale des exportations, du tourisme international, et des investissements étrangers en Colombie, le secteur génère plus de 130 000 emplois de manière directe ou indirecte dans 60 municipalités du pays.

→ A (ré)écouter sur le sujet : Reportage International à la Féria de las flores

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