« Le blocus est toujours en vigueur », a affirmé le ministre cubain des Relations extérieures

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Bruno Rodriguez Parrilla, ministre des Relations extérieures, a présenté au siège du Minrex le rapport qui sera débattu à l’ONU, exigeant la fin du blocus imposé par les États-Unis à Cuba.

Le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodriguez Parilla, a présenté le vendredi 9 septembre le Rapport de Cuba sur la Résolution70/5 de l’Assemblée générale des Nations unies, intitulé « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique à Cuba », lors d’une conférence de presse au siège du ministère des Relations extérieures à La Havane.

Durant la lecture du document, qui sera discuté en octobre à l’Assemblée générale de l’ONU pour la 25e fois, le ministre a affirmé que le blocus imposé par les États-Unis reste en vigueur et qu’en dépit des déclarations du président Barack Obama il y a deux ans selon lesquelles le blocus économique, commercial et financier exercé contre Cuba devait être levé, cette politique se maintient et continue d’avoir un impact négatif profond sur l’économie cubaine et qu’elle restreint le droit au développement du peuple cubain.

« Le blocus porte préjudice au peuple cubain. Carences, privations sont le quotidien des familles cubaines. On ne doit pas sous-estimer l’impact du blocus pour Cuba. C’est le principal obstacle au développement de Cuba », a-t-il ajouté.

« Nous reconnaissons les avancées dans les relations entre les gouvernements de Cuba et des États-Unis, mais ce fléau porte préjudice à des secteurs sensibles pour le pays », a expliqué le ministre.

« Il n’y a pas d’espace à Cuba qui ne souffre des conséquences du blocus. L’application de cette politique affecte les services, la santé, l’éducation, l’économie, les prix, les salaires, l’alimentation et la sécurité sociale. Il n’existe pas d’éléments de la vie quotidienne du Cubain dans lequel l’impact du blocus ne soit présent », a-t-il signalé.

« Pour toutes ces raisons, le gouvernement cubain présentera de nouveau ce rapport devant l’Assemblée générale des Nations unies », a dit Bruno Rodriguez Parrilla.

« Ce rapport, reflètera les avancées entre les deux pays, mais la réalité, c’est que le blocus reste en vigueur, se maintient, et porte préjudice aux Cubains et aux Cubaines », a-t-il signalé,

Entre avril 2015 et mars 2016, les dommages du blocus se sont élevés à environ 4, 680 milliards de dollars, a informé le ministre.

Le président Obama et son gouvernement ont rendu plus faciles les voyages à Cuba, à travers l’attribution de12 licences, mais l’interdiction aux citoyens étasuniens de voyager à Cuba reste valide, ce qui constitue manifestement, une violation de leurs droits et de leurs libertés civiques.

Et d’ajouter qu’il est triste que les mesures sur les télécommunications prises par le président des États-Unis pour faciliter les infrastructures d’intercommunication directes des compagnies nord-américaines à Cuba, soient politisées.

« Il est lamentable que ces mesures ne puissent fonctionner tant que le blocus sera en vigueur », a-t-il déclaré.

Le ministre des relations extérieures a également révélé que tout au long de ses six décennies, les dommages accumulés par le blocus contre l’île s’élèvent à 753,688 milliards de dollars. « La situation de notre économie ne serait-elle pas meilleure sans toutes ces affectations », s’est-il demandé.

Le diplomate cubain a poursuivi en expliquant qu’hormis les télécommunications, les investissements des sociétés et des hommes d’affaires étasuniens à Cuba sont toujours interdits.

« Bien que plusieurs mois se soient écoulés depuis la visite du président Obama qui avait déclaré alors que rapidement Cuba pourrait utiliser le dollar étasunien dans les transactions internationales, cette restriction est toujours en place », a-t-il dit.

« Par ailleurs, les lois insolites du Commerce avec l’ennemi, la Loi Torricelli et la Loi Helms Burton sont également toujours en vigueur », a-t-il signalé.

Bruno Rodriguez a aussi dit qu’il ressent un soutien plus grand de la part du peuple étasunien sur la question de la suppression de cette politique hostile, c’est pourquoi le Congrès nord-américain se doit d’écouter ses électeurs.

Il a également critiqué le programme d’attribution de visa aux médecins cubains, connu sous le nom de Cuban Medical Professional Parole, mis en place par l’administration nord-américaine,

En octobre prochain, l’Assemblée générale de l’ONU discutera de nouveau de cette résolution, à caractère non contraignant, qui a compté les années antérieures sur le soutien écrasant de la quasi-totalité de ses membres, qui ont condamné sans équivoque une politique qualifiée par la communauté internationale d’obsolète, hostile et injuste.

Les mesures promulguées à ce jour par la Maison Blanche ont donné des preuves de leur portée limitée, mais également de tout ce que le président des États-Unis pourrait encore faire pour modifier substantiellement l’application de ce blocus en ayant recours à ses prérogatives exécutives.

Le 27 octobre 2015, la communauté internationale réunie aux Nations unies a manifesté son rejet ferme et décisif de cette politique par 191 voix en faveur, 2 contre (Israël et les États-Unis) et aucune abstention. Un total de 24 votes en appui de la résolution cubaine depuis 1992.

Imposé officiellement le 3 février 1962, soit en plus de 54 ans, le blocus des États-Unis contre Cuba a causé d’énormes dommages humains et économiques au pays, portant préjudice à toute la société cubaine.

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