L’élection de Donald Trump, un coup dur pour les Cubains partisans du dégel

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La victoire surprise de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine a été accueillie avec inquiétude par de nombreux Cubains. En effet, ils redoutent de voir réduits à néant les efforts de rapprochement entre leur pays et les Etats-Unis. Pour cause, le milliardaire américain avait laissé entendre qu’il reviendrait sur certaines concessions accordées par Barack Obama au régime communiste dans le cadre du spectaculaire dégel lancé fin 2014.

Conformément à l’usage, le président cubain Raul Castro, artisan avec son homologue américain Barack Obama du rapprochement entre Washington et La Havane, a félicité Donald Trump, vainqueur de la présidentielle aux Etats-Unis mercredi 9 novembre.

Hasard du calendrier ou provocation, en guise de première réaction, son gouvernement a annoncé dans la presse d’Etat la tenue prochaine de nouveaux exercices militaires « stratégiques » visant à faire face à une éventuelle invasion.
Si ces manœuvres ne sont pas exceptionnelles, le moment choisi pourrait augurer d’une crispation de la relation entre les ex-ennemis de la Guerre froide quand Trump arrivera au pouvoir en janvier prochain.

A Cuba, de nombreux habitants ont d’ores et déjà fait part de leur inquiétude suite à l’élection de Donald Trump. En effet, le nouveau président américain avait laissé entendre qu’il reviendrait sur certaines concessions accordées par son prédécesseur à Cuba depuis le début du dégel. Le magnat de l’immobilier a également déclaré qu’il était pour l’instant opposé à la suppression de l’embargo financier et commercial imposé à l’île depuis 1962. Une perspective calamiteuse pour les partisans du dégel, qui voit l’arrivée de Donald Trump comme un retour en arrière pour leur pays.

Des dissidents de Castro derrière Donald Trump

L’élection du milliardaire américain ne fait pas que des déçus chez les Cubains. En visite en Floride le 21 octobre dernier, celui qui était encore candidat avait rencontré des opposants au régime communiste et avait soutenu leur action, comme les « Damas en blanco » (« Dames en blanc ») qui sont des proches de dissidents emprisonnés par le gouvernement de Fidel Castro.

La présidente de cette organisation, Berta Soler, a d’ailleurs félicité Donald Trump sur Twitter après son élection. Pour elle, il pourra enfin mettre la pression sur le régime castriste, contrairement à Barack Obama.

« Pour nous, la politique d’Obama est un échec, affirme-t-elle. Elle n’a pas amélioré le sort de la société civile et du peuple cubain. Le seul qui en a profité et qui a reçu un feu vert, c’est le régime cubain lui-même, étant donné qu’aucune condition ne lui a été posée dans ce rapprochement. »

« Ce que nous attendons du président Donald Trump, c’est qu’il change tout cela et qu’il impose vraiment des conditions au maintien des relations entre Cuba et les Etats-Unis. D’abord, la libération des prisonniers politiques. Puis, le respect des droits de l’homme, des élections libres et ouvertes, comme cela a été possible aux Etats-Unis. Et enfin, sur le plan économique, si les investisseurs nord-américains viennent faire des affaires à Cuba, qu’ils paient directement les travailleurs qu’ils emploient, pas des intermédiaires. Car dans le système actuel, le régime cubain récupère ces salaires et n’en reverse qu’un petit pourcentage aux travailleurs. »

Source:

http://www.rfi.fr/ameriques/20161110-election-donald-trump-coup-dur-cubains-partisans-degel

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