BOLIVIE : L’INGÉRENCE DE WASHINGTON

L’ingérence nord-américaine est mise en évidence par des journalistes, des intellectuels et des citoyens.

Le journaliste états-unien Benjamín Dangl a assuré qu’il y a eu ingérence de Washington dans les conflits destinés à déstabiliser le Gouvernement d’Evo et dans la tentative de séparation des départements de l’orient de la Bolivie dont les plans ont été exécutés grâce à un coup d’Etat civique préfectoral organisé par l’opposition en 2008.

La subversion anti-démocratique de 2008

Dans une interview publiée par le média alternatif international Kaosenlared.net, Dangl a affirmé que « depuis l’élection d’Evo en 2005 et depuis qu’il a accédé à la présidence en 2006, les Etats-Unis ont continué cette sorte de pression grâce à l’ambassade des Etats-Unis à La Paz et grâce à divers projets de financement d’ONG, de politiques et de membres de l’opposition bolivienne. »

Le presse a répercuté les fréquentes réunions de l’ambassadeur états-unien Philip Goldberg avec les préfets de l’opposition de droite en 2008. Par exemple, Goldberg a rencontré le préfet de Santa Cruz Rubén Costas le 21 août. Ce rendez-vous a été divulgué par le journal de Santa Cruz El Deberii. La télévision a enregistré l’arrivée de l’ambassadeur et du préfet sur au lieu du rendez-vous à huis clos, sans accès pour les médias. Nous devons noter que Goldberg est expert en plans séparatistes parce qu’il était chef du Département d’Etat pour la Bosnie à l’ambassade de ce qui était alors la Yougoslavie quand ce pays fut divisé en 5 états après une longue et cruelle guerre civile.

Ces rencontres ont eu lieu avant le coup d’Etat civique et préfectoral de septembre 2008, une « vague de violentes protestations qui ont tenté d’installer le chaos généralisé pour renverser le Gouvernement. » Le massacre de 11 paysans à Pando a été le point critique d’une série d’activités subversives qui sont allées de l’attaque d’institutions d’Etat et de la police à Santa Cruz jusqu’à des opérations terroristes comme l’explosion de bombes chez le Vice-ministre Saúl Avalos et le cardinal de l’Eglise catholique, des attentats à l’explosif dans les gazoducs de Tarija et l’occupation d’aéroports dans l’orient du pays.

A cause de la gravité des faits, le Gouvernement décide d’expulser du pays l’ambassadeur Goldbergvi. Quelques semaines plus tard, pour défendre le Gouvernement et la démocratie, le mouvement paysan indigène et populaire a marché sur la ville de Santa Cruz en l’entourant d’un siège qui a déterminé la défaite de la tentative de coup d’Etat.

Constatations de journalistes, d’intellectuels et de citoyens

Les chercheurs états-uniens comme l’avocate Eva Golinger et le journaliste Jeremy Bigwood ont fait apparaître au grand jour des documents secrets sur le financement de plus de 120 millions de dollars seulement pour le séjour de Goldberg de 2006 à 2008 à travers l’Agence pour le Développement des Etats-Unis et la NED (National Endowment Democracy). La plupart de l’argent a été déviée vers l’opposition et des groupes séparatistes. Ces données ont été obtenues grâce à la Loi d’Accès à l’Information (Freedom of Information Act «FOIA»).

La USAID, la NED et l’IRI (Institut Républicain International) sont les principales institutions qui, à leur tour, ont financé d’autres ONG, des fondations, des partis politiques et des médias de pays dans lesquels il y a des gouvernements démocratiques qui ne sont pas subordonnés à l’ordre du jour de Washington. Cependant, il existe aussi des ONG qui participent dans différents domaines sociaux.

En voyant ces propositions, d’importants écrivains états-uniens considèrent que ces institutions sont des façades de la CIA pour canaliser des ressources à des fins d’ingérence. Aux intellectuels déjà nommés, il faut ajouter le linguiste et philosophe Noam Chomsky, l’historien William Blum et l’économiste Marc Weisbrot.

Selon un article de John M. Broder publié dans le « New York Times », la NED a été créée « pour réaliser ouvertement ce que la CIA a fait subrepticement pendant des décennies, dépense 30 millions par an pour soutenir des choses comme des partis politiques, des syndicats, des mouvements dissidents et des médias dans des dizaines de pays parmi lesquels la Chine. »

Le complot séparatiste démantelé

En avril 2009, les forces spéciales de la police bolivienne entrent à l’hôtel Las Américas à Santa Cruz pour démanteler un groupe armé de mercenaires et de paramilitaires locaux et étrangers. Lors de cette action sont tués le Roumain Arpád Magyarosi, l’Irlandais Michael Dwyer et leur chef, le Boliviano-hongrois Eduardo Rózsa Flores. On cherchait à capturer les auteurs des attentats terroristes à Santa Cruz.

Les déclarations faites par Eduardo Rózsa Flores lors d’une interview inédite diffusée par la télévision hongroise en septembre 2008 prouvent les plans de division et de séparatisme. Il y déclare : « Ils m’ont appelé pour organiser ou aider à organiser la défense de la ville de Santa Cruz. » Et, plus loin, il signale que « nous proclamerons l’indépendance et nous fonderons un nouveau pays. »

Auparavant, dans un discours de décembre 2006, l’ex préfet de Cochabamba, le capitaine Manfred Reyes Villa, a fait les déclarations suivantes : « En avant, Santa Cruz, avec ton indépendance ! » et en même temps, il n’a pas reconnu le résultat d’un referendum par lequel le département a rejeté catégoriquement l’autonomie pro-oligarchie envisagée par des groupes du pouvoir économique de l’orient et de la Bolivie. Ce fut le prélude à un affrontement entre citoyens de la classe moyenne et haute penchant vers Manfred contre des paysans et des citoyens pauvres qui soutiennent le Gouvernement d’Evo. L’attaque des premiers a causé la mort de 3 citoyens boliviens parmi lesquels 2 paysans, des citoyens de la campagne et un citoyen d’une ville.

Le journaliste Dangl révèle que l’USAID en 2006 a remis plus de 4 millions de dollars à des secteurs de l’opposition par l’intermédiaire d’ONG états-uniennes.

Il a également parlé de la plainte déposée en 2008 par l’étudiant nord-américain Alexander Van Schaick qui a été obligé, à l’ambassade de son pays, de faire de l’espionnage pour renseigner sur des citoyens vénézuéliens et cubains.

Il a également révélé l’information concernant un message classifié de l’ambassade nord-américaine concernant le soutien de l’opposition qui cherche à « arrêter le parti radical du Mouvement vers le Socialisme (MAS) ou ses successeurs. »

Ces dénonciations ont été faites par Dangl dans son article intitulé « Briser la Bolivie, un objectif de l’intervention de Washington publié dans les médias alternatifs états-uniensUpsidedownworld.org y Progressive.org. Elles sont également exposées dans son livre « Le Prix du Feu : Les luttes pour les ressources naturelles et les mouvements sociaux en Bolivie.

Wikileaks sur la Bolivie

Wikileaks dans la révélation de données cachées par la puissance nord-américaine a confirmé l’intrusion. Il montre les contacts, l’envoi de lettres et les réunions entre les leaders de l’opposition de droite avec l’ambassade des Etats-Unis. C’est le cas de la lettre envoyée en octobre 2008 par le sénateur Oscar Ortiz à Condoleza Rice, secrétaire d’Etat, lui demandant d’intervenir pour qu’on parle avec le Président Evo pour bloquer et conduire à l’échec l’approbation d’une nouvelle Constitution à l’Assemblée Constituante. Ortiz qui était alors membre du parti Podemos de Tuto Quiroga et milite à présent chez les Démocrates de Rubén Costa.

Politiques néo-colonialistes et guerre de 4° Génération

Les interventions des Etats-Unis ont leur origine dans la Doctrine Monroe de 1823, constituée sur la base de la politique nord-américaine colonialiste pour l’hémisphère avec son principe de l’Amérique aux américains » qui peut être interprété aujourd’hui comme une stratégie de pillage des ressources naturelles de l’Amérique du Sud au profit des entreprises transnationales nord-américaines et soutient l’intervention militaire sur nos territoires.

Actuellement, ces concepts ont été réaffirmés et élargis dans es Documents de Santa Fe de 1980 à 2000. D’autre part, nous devons tenir compte du Plan Truman et de sa politique de contention de la révolution socialiste et de la Doctrine de Sécurité Nationale des militaires qui voient le peuple, les travailleurs et les intellectuels de gauche comme des ennemis intérieurs. Ces 2 points de vue sont nés après la Seconde Guerre Mondiale.

Dans les années 1970 a débuté l’Opération Condor, un plan secret mis au point par les services secrets de l’espionnage et du renseignement des pays d’Amérique du Sud pour poursuivre, arrêter et exterminer les activistes des mouvements sociaux de la gauche socialiste et communiste, assure Naomi Klein dans son livre « La Doctrine du Choc, l’essor du capitalisme du désastre ». Dans ce complot terrifiant ont été abattus des milliers de travailleurs, de paysans, de paysannes, de leaders, d’intellectuels, d’artistes, de religieux et d’étudiants. Cette mission a été mise au point par la CIA et conçue par Henry Kissinger depuis Washington. Ils ont ainsi alimenté un système informatique de haute technologie.

Aujourd’hui, les stratégies avancées de la Guerre de Quatrième Génération dans le cadre de la guerre psychologique, de la manipulation de l’information et du contrôle des médias avec une influence sur internet et les réseaux sociaux sont imperceptibles mais elles sont latentes. Elles cherchent à inoculer la doute, le mensonge et la peur dans le cerveau et l’esprit des membres d’une société.

Le développement de campagnes de désinformation destinées à discréditer, à calomnier et à porter préjudice à l’image de leaders politiques et sociaux des Gouvernements progressistes et des mouvements sociaux qui défendent leurs ressources naturelles et mettent en place des politiques libres et souveraines.

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Publié le 20 Novembre 2016 par Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/opinion/Injerencia-de-Washington-en-Bolivia-20161114-0013.html

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2016/11/bolivie-l-ingerence-de-washington.html

Publicités