Les violences faites aux femmes au Mexique, une pandémie selon l’ONU

gettyimages-523889652_0Au Mexique près de la moitié des femmes sont victimes de violences conjugales et, chaque jour, six femmes sont assassinées. Des chiffres effrayants et en augmentation, ce qui fait dire qu’au Mexique, ces violences sont une véritable pandémie, selon l’ONU.

avec notre correspondante à Mexico, Emilie Barraza

Cette violence, au Mexique, paradoxalement, est invisible, ou plutôt normalisée. Ainsi la violence intrafamiliale est encore considérée comme une affaire d’ordre privé. Même chose pour le viol : un tiers des femmes violées au Mexique ne portent pas plainte, car elles considèrent cela comme « quelque chose de sans importance ». La culture patriarcale autorise ou justifie les coups pour corriger le comportement d’une femme. Par exemple, selon une enquête sérieuse, 10% des hommes mexicains interrogés estimaient qu’il était tout à fait normal de frapper une femme si celle-ci n’obéissait pas.

Le règne de l’impunité

L’impunité est l’un des fléaux du Mexique. Or, si la violence faite aux femmes est considérée comme normale ou relevant de la sphère privée, il sera forcément plus difficile de la sanctionner. Il faut prendre en compte aussi l’inefficacité des forces de l’ordre et de la justice dans ce domaine. Seule une femme sur 10 victimes de violences porte plainte au Mexique.

Et cette violence considérée comme normale, voire nécessaire pour certains hommes, peut aussi se transformer en meurtres. Chaque jour au Mexique, 6 femmes meurent, souvent sous les coups de leur conjoint. Toutes les enquêtes montrent que ces crimes sont aussi beaucoup plus cruels que les assassinats d’hommes. Les corps de ces femmes sont souvent mutilés, violés, découpés et ces « féminicides » comme on les appelle ici, sont en constante augmentation depuis 2007 au Mexique.

Inefficacité de l’action gouvernementale

L’Etat de Mexico par exemple, voisin de la capitale, est celui qui compte le plus d’assassinats et de disparition de femmes au Mexique. Davantage encore que les mortes de Ciudad Juarez, cas qui, lui, a été très médiatisé. Il y a eu 1 500 femmes assassinées et autant de femmes disparues dans cet Etat entre 2005 et 2015. Un chiffre effrayant. Le gouvernement fédéral a donc mis en place un suivi spécial pour tenter d’enrayer le problème : il s’agit de l’« alerte de genre ». L’objectif est d’améliorer l’efficacité de la police, de sensibiliser police et justice, ou encore d’avoir une meilleure surveillance des rues. Mais ces mesures n’ont eu strictement aucun résultat : les assassinats de femmes ont même augmenté de 30% depuis le lancement de cette opération…

Source: http://www.rfi.fr/ameriques/20161125-violences-femmes-mexique-pandemie-meurtres-feminicides

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