La chancelière vénézuélienne Delcy Rodríguez agressée par la police en Argentine

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Página12 /Resumen Latinoamericano, 14 décembre 2016.

On n’a pas seulement empêché Delcy Rodríguez de participer à la réunion des ministres des Relations Extérieures du MERCOSUR, elle a aussi été frappée sur l’avant-bras droit et un médecin a dû immobiliser son bras.

  • Une chose inédite dans la diplomatie internationale : les forces de sécurité de l’Argentine ses ont opposées à la chancelière vénézuélienne et l’ont frappée sur l’avant-bras droit tellement fort qu’un médecin a dû immobiliser son bras. Cette agression a été commise devant l’entrée du Palais San Martín, siège du Ministère des Relations Extérieures.

  • Le 2 décembre dernier, le Venezuela a été suspendu en tant que membre de plein droit du MERCOSUR parce que, selon ce qu’ont déclaré publiquement les 4 autres membres du bloc (l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay), il ne s’était pas complètement adapté aux règles internes du marché commun.

La présidence tournante du MERCOSUR qui change tous les 6 mois, revenait justement au Gouvernement de Nicolás Maduro mais les autres membres la lui ont fauchée avec un argument apparemment technique qui pourrait être à l’origine d’un conflit majeur : les différences d’appréciation internationale entre, d’un côté le Venezuela et de l’autre, les Gouvernements de Mauricio Macri, Michel Temer et Horacio Cartés. L’Uruguayen Tabaré Vázquez avait pris au début une position de respect envers le Venezuela mais s’est ensuite joint aux autres.

 Macri a commencé à brandir la situation intérieure du Venezuela comme drapeau des droits de l’homme et au début de son mandat, a demandé la séparation de Caracas du bloc.

 Comme les 4 membres moins le Venezuela avaient programmé une rencontre des chanceliers pour hier idi, la ministre vénézuélienne a décidé de venir à Buenos Aires et de s’y rendre. Cela n’a pas été une surprise, elle l’avait annoncé.

 Hier dans la matinée, accompagnée de son collègue bolivien David Choquehuanca qui peut parler mais non voter au MERCOSUR, Rodríguez est arrivée devant les bureaux de la chancellerie, à Esmeralda et Arenales. L’accompagnaient, entre autres, le vice-président de la Commission des Relations Extérieures de la Chambre des Députés, Guillermo Carmona, du Front pour la Victoire et l’ex ambassadeur en Bolivie, vice-président de Nuevo Encuentro Ariel Basteiro.

 Des membres de la délégation ont dit à Página/12 qu’au début, ils n’ont pas pu entrer dans la Chancellerie mais que l’intervention du chancelier d’ Evo Morales leur a ouvert la voie.

 Il a discuté brièvement avec sa collègue argentine Susana Malcorra. Delcy Rodríguez avait déjà en mains une lettre de Malcorra datée d’hier. Elle était adressée à « madame la ministre » et on avait ajouté à la main « chère Daisy ». Le texte dit : « Après l’arrêt de l’exercice des droits inhérents à la condition d’Etat Membre du MERCOSUR de la République Bolivarienne du Venezuela, votre participation à la XI° Réunion Extraordinaire du conseil du Marché Commun du MERCOSUR ne sera pas possible. »

 Rodríguez a essayé de participer à la réunion technique qui se tenait au 10° étage de la Chancellerie. On ne l’a pas laissée passer. On a laissé entrer Choquehuanca mais le chancelier bolivien a décidé de ne pas entrer par solidarité avec Rodríguez. Pour la Bolivie, seul le vice-ministre du Commerce Extérieur a participé à la réunion.

 A 11h et demie du matin, Choquehuanca et Delcy Rodríguez sont arrivés au rez-de-chaussée et ont essayé de traverser Esmeralda pour entrer par la porte principale du Palais San Martín qui se trouve à Arenales entre Esmeralda et Maipú. Il n’ont pas pu. Devant l’annonce de manifestations de solidarité avec le Venezuela, le Gouvernement avait mis en place un fort dispositif de sécurité et les responsables de ce dispositif n’ont pas fait attention à qui était là. Choquehuanca a dû crier à un policier de freiner les attaques. Delcy Rodríguez a reçu un coup très fort malgré les tentatives de Basteiro et de Carmona pour essayer de les protéger tous les 2. Carmona a raconté à Página/12 qu’il a dû montrer sa carte de député et élever la voix au milieu du tumulte créé par la police.

 Les protestations de l’ex ambassadeur et du député et l’action de l’ambassadeur du Venezuela Carlos Martínez Mendoza ont réussi à ce que le cordon de police laisse les chanceliers passer les barrières. Ils les ont traversées accompagnés par Carmona et dans le Palais San Martín, au rez-de-chaussée, la chancelière vénézuélienne a parlé avec un fonctionnaire de la Chancellerie que Carmona n’a pas pu identifier.

 « Vous êtes des putschistes », a dit Rodríguez d’après Carmona

 « Oui, madame, nous sommes des putschistes mais vous ne pouvez pas entrer ici, » a dit le fonctionnaire, d’après Carmona.

 A la fin, ils sont entrés. Aussi bien elle que Choquehuanca, toujours accompagnés de Carmona et ont été conduits dans le salon où se trouvent tous les drapeaux des pays du MERCOSUR. On suppose que la réunion des chanceliers était prévue là mais sans al présence de la chancelière vénézuélienne.

 Après avoir attendu quelques minutes, Choquehuanca et Rodríguez ont vu avec étonnement que des employés du Ministère des Relations Extérieures commençaient à emporter les drapeaux jusqu’à ce que la salle soit vide. Ils en ont déduit qu’il n’y avait pas d’autres drapeaux et qu’ils préparaient un autre endroit pour la réunion du MERCOSUR.

 « Le Gouvernement qui parle tant de la faille crée une faille dangereuse pour tous nos pays qui est la faille sud-américaine, » a dit Carmona à Página/12.

 L’ambassadeur vénézuélien a condamné les coups donnés à la ministre et a affirmé à ce journal qu’il « s’agit d’une nouvelle démonstration d’intolérance politique envers la République Bolivarienne du Venezuela avec la circonstance aggravante que c’est la chancelière elle-même qui a été frappée et a dû être soignée. »

 Il a ajouté que le Venezuela « a rempli 95% du processus d’incorporation des règles du MERCOSUR à son régime intérieur et qu’il l’a fait plus rapidement que les autres pays parce qu’il l’a fait en 4 ans seulement, ce qui montre sa volonté d’intégration. »

 Un document du Venezuela auquel Página/12 a eu accès indique que Caracas a adopté 1 124 règles du MERCOSUR et qu’il reste seulement 8% de règles à adopter.

 Ce document souligne que le Venezuela a également intégré le FOCEM, le fonds de compensation du MERCOSUR pour les pays les plus faibles, le Paraguay et l’Uruguay. Un autres des points importants qu’il a accomplis a été l’adhésion aux droits de douanes communs.

 Dans cette crise qui est montée jusqu’à l’agression physique, on a appris hier à 16H45 que la Réserve Fédérale des Etats-Unis augmentera pour la seconde fois depuis 2008 le taux d’intérêt de référence. Des porte-paroles du réseau ont dit au The New York Times qu’ils s’attendent à 3 augmentations de plus en 2017. Les pays qui s’endettent paieront plus cher l’argent. Le déluge de coups est arrivé avant le pluie d’investissements.

 Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2016/12/14/el-golpe-contra-venezuela-fue-en-el-cuerpo-de-la-canciller/

Ttraduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos:

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2016/12/venezuela-la-chanceliere-delcy-rodriguez-agressee-par-la-police-en-argentine.html

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